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Guide d'achat

Crème solaire

Bien protéger sa peau du soleil

Le répétera-t-on suffisamment ? La meilleure protection contre les effets nocifs du soleil est vestimentaire. Reste que les crèmes solaires sont un complément indispensable à appliquer sur les zones du corps non recouvertes. Nos conseils pour choisir la « bonne » crème solaire, c'est-à-dire celle qui convient le mieux à votre peau.

Test Que Choisir : Comparatif Crèmes solaires

Choisir crème solaire - © auremar  - Fotolia.com

Bon pour le moral, indispensable à la synthèse de la vitamine D... les bienfaits du soleil sont indéniables. Mais la médaille a son revers : les expositions recto-verso sur la plage pendant des heures accélèrent le vieillissement cutané et, plus grave, peuvent provoquer des cancers de la peau (notamment les mélanomes). Responsable : le rayonnement ultraviolet (UVA et UVB). Il ne faudrait surtout pas croire qu'une crème solaire suffit à nous en protéger. Aucun produit ne filtre les rayons du soleil à 100 %. Les crèmes solaires ne doivent donc en aucun cas être utilisées pour prolonger indûment les séances de bronzette.

Opter pour le bon indice

Le FPS (facteur de protection solaire) mentionné sur les emballages signale au consommateur le niveau de protection contre les UVB du produit. En effet, les rayons UVB sont les plus dangereux : ce sont eux qui provoquent les coups de soleil en brûlant l'épiderme insuffisamment protégé par les pigments de mélanine ; ils sont à l'origine de 90 % des cancers de la peau. Les rayons UVA ne sont pas pour autant inoffensifs. Ils pénètrent plus profondément dans le derme, provoquant la destruction des fibres de collagène et d'élastine qui assurent la tonicité de la peau. Conformément à la règlementation européenne, les crèmes solaires doivent garantir une protection UVA au moins égale au tiers de la protection UVB. Par exemple, pour un facteur de protection de 30 contre les UVB, la protection UVA sera au minimum de 10.

Le choix de l'indice de protection ou FPS (facteur de protection solaire) dépend à la fois du type de peau (voir l'encadré ci-dessous « Connaître sa peau pour bien se protéger ») et des conditions d'ensoleillement (plage horaire et durée de l'exposition, altitude, latitude, etc.). Plus la peau est claire (phototype 1), plus l'indice de protection solaire doit être élevé. On distingue quatre catégories de produits selon leur FPS :

- protection faible : FPS de 6 ou 10 ;

- protection moyenne : FPS de 15, 20 ou 25 ;

- protection haute : FPS de 30 ou 50 ;

- très haute protection : FPS de 50+.

Toutefois, ne vous laissez pas abuser par des FPS élevés. À partir d'un certain niveau, les différences en termes d'efficacité deviennent minimes. Un produit FPS 30 filtre 96,67 % des rayons UVB, contre 98 % pour un produit FPS 50.

En pratique, c'est le respect du mode d'emploi qui compte. Il est en effet prouvé qu'une diminution de 50 % de la dose à appliquer entraîne une diminution d'efficacité de 75 %. Autrement dit, mieux vaut un produit d'indice 20 ou 30 que l'on applique généreusement et souvent, qu'un indice 50 qu'on n'appliquera qu'une seule fois dans la journée.

En spray, en crème ou en lotion

Le choix du mode d'application ou de conditionnement (spray, lotion, ou crème) dépend de la zone d'application. Plus elle est étendue, plus le solaire devra être fluide. Par exemple, on peut prendre une crème pour le visage, un spray pour le corps et un stick pour les zones fragiles (lèvres, nez). Enfin, il est préférable d'opter pour un produit revendiquant une résistance à l'eau. Une caractéristique qui a cependant ses limites et ne dispense en aucun cas d'une nouvelle application après le bain.

Outre les filtres faisant barrage aux rayons ultraviolets, la plupart des crèmes solaires comportent des antioxydants. Ils sont censés neutraliser les radicaux libres générés par les UV, avant qu'ils ne provoquent des dommages sur la peau. Sont-ils vraiment efficaces ? Pour l'instant, aucune étude scientifique n'a pu le démontrer formellement. Il en va de même pour les compléments alimentaires « solaires » qui promettent de « préparer la peau à l'exposition au soleil » ou de « préserver la peau du vieillissement » ou encore de « préparer, activer et prolonger le bronzage » : autant d'allégations qui n'ont pu jusqu'ici être prouvées. La modération dans la durée des expositions reste le moyen le plus sûr de limiter les dégâts.

Que choisir pour les enfants ?

La plupart des fabricants proposent aujourd'hui des produits dédiés aux enfants. Une segmentation purement marketing qui peut donner une fausse impression de sécurité aux parents. En réalité, ces solaires ne diffèrent pas des autres, si ce n'est par leur indice élevé (FPS 30 au minimum).

Enfin, en matière de crème solaire, le prix de vente n'est pas un gage d'efficacité. Certains produits vendus en grande surface sont aussi valables que ceux distribués en pharmacie (en moyenne plutôt de bonne qualité) ou en parfumerie (les plus chers).

Connaître sa peau pour bien se protéger

Le produit solaire doit être adapté à la fois à votre type de peau et à l'intensité du rayonnement solaire auquel elle est exposée. Pour bien choisir, les recommandations de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) peuvent vous servir de guide.

 

Exposition extrême (glaciers, tropiques, etc.)

Exposition importante (plage, activités extérieures longues, etc.)

Exposition modérée (vie passée au grand air)

Sujet extrêmement sensible au soleil - Peau blanche, laiteuse, taches de rousseur, ou prenant toujours des coups de soleil, antécédents de cancers cutanés Très haute protection Très haute protection Haute protection
Sujet sensible au soleil - Peau claire, souvent avec quelques taches de rousseur et/ou cheveux blond vénitien ou auburn, sujet prenant souvent des coups de soleil mais pouvant bronzer Très haute protection Haute protection Moyenne protection
Sujet à peau intermédiaire - Peau claire bronzant facilement, ne prenant des coups de soleil que lors d'expositions intenses Haute protection Moyenne protection Faible protection
Sujet à peau assez résistante - Peau mate bronzant facilement sans jamais prendre de coups de soleil Moyenne protection Faible protection Faible protection

Avantage au bio ? Pas si simple !

Les crèmes solaires font partie des rares produits cosmétiques non rinçables utilisés par la majorité des enfants. Du coup, de nombreux consommateurs sont vigilants sur leur innocuité. Certains se tournent vers les rayons bio, a priori plus rassurants. À tort ou à raison ? Difficile de trancher.

Les cahiers des charges bio, tous privés (pour les ­produits testés, il s’agit en majorité de celui d’Ecocert), bannissent la plupart des ­ingrédients issus de la pétrochimie. Plusieurs, comme les parabens ou le phénoxyéthanol, largement employés dans les produits conventionnels, sont soupçonnés de toxicité. En ­revanche, les produits bio ­n’évitent pas les ribambelles d’allergènes. Les allergies de contact aux produits cosmé­tiques sont relativement ­fréquentes, elles sont le plus souvent dues aux substances parfumantes. Depuis 2005, 26 allergènes sont d’étiquetage obligatoire. On en retrouve beaucoup trop dans les produits testés, conventionnels ou bio. Les deux produits Nivea et le Clarins sont ceux qui en contiennent le plus : ils sont au nombre de neuf (citronellol, coumarine, limonène, eugénol, etc.). Le lait Ambre solaire en compte 7. Mais les produits bio ne sont pas épargnés : on ­dénombre 7 allergènes chez Bioregena, et 4 chez Melvita, Lovea et Bergasol. Enfin, la question des nanoparticules demeure entière.

 

Pas de nanoparticules a priori

Les crèmes solaires peuvent avoir recours à des filtres ­minéraux, parfois de l’oxyde de zinc, plus fréquemment du dioxyde de titane (1), tous deux autorisés en bio. Inconvénient du dioxyde de titane : utilisé en grande quantité, pour des indices de protection relativement ­élevés, il laisse des traces ­blanches sur la peau. Pour éviter cet effet, certains industriels le réduisent à l’état de nano­particules. Mais celles-ci sont sur la sellette du fait de leur ­petite taille, qui leur permet ­potentiellement de franchir des barrières biologiques, et de leur comportement imprévisible. Selon certaines études (pas ­toutes), les nanoparticules de dioxyde de titane pénètrent la barrière cutanée. « Étant donné les incertitudes sur le potentiel de pénétration ­cutanée et sur ­l’activité phototoxique, les risques ne peuvent pas être exclus », concluait l’Agence nationale de sécurité sanitaire en 2010. Les produits bio ne doivent pas avoir recours aux nanoparticules (d’où les traces blanches qu’ils laissent souvent). Même si tout repose sur les déclarations des fabricants, l’utilisation de ­nanoparticules étant pour ­l’instant indétectable à l’analyse, c’est a priori un plus de ces ­produits. Pour autant, peut-on conseiller de choisir une crème estampillée bio ? Rien n’est moins sûr au vu de nos résultats. Sur les six produits bio testés, cinq échouent sur un des deux critères fondamentaux : ­protection UVB et UVA. Par ailleurs, deux présentent un réel problème de formulation : ­Melvita, une crème quasi ­impossible à faire sortir du tube pour trois lots sur quatre et qui ne supporte pas les grosses chaleurs. Et Lovea, qui se désagrège en moins de deux mois.

 

(1) C’est le cas ici des six produits bio et des laits Nivea et Garnier, de l’Oréal, Avène et La Roche Posay.

Ce que cachent les chiffres

Un indice de protection UVB correspond à une formule bien définie. La transmission des UV à la peau est égale à 1/indice. Autrement dit, avec un indice 20 (1/20), 5 % des rayons UV sont transmis ; avec un indice 30, seulement 3,33 % des rayons (1/30). Mais, pour que cette règle soit ­valable, encore faut-il que la quantité appliquée soit ­suffisante. Les mentions en ce sens des fabricants (« appliquez généreusement », par exemple) servent bien sûr leurs intérêts mais aussi votre santé. Car ­l’application de quantités trop faibles entraîne une réduction disproportionnée de la ­protection. Ainsi, une diminution de moitié des quantités ­appliquées peut entraîner une réduction des deux tiers de la protection. Veillez donc à étaler les produits sans souci d’économie, en particulier chez les enfants : l’exposition ­inconsidérée au soleil pendant l’enfance est un facteur ­important des cancers cutanés chez l’adulte. Gardez aussi à l’esprit que même les produits résistants à l’eau doivent être réappliqués après la baignade ou si l’on a transpiré.

Ne pas négliger les UVA

Jusqu’en 2006, les crèmes solaires se concentraient sur la protection ­anti-UVB, qui évite les coups de soleil. Depuis lors, la Commission européenne demande qu’elles incluent aussi une protection anti-UVA. Un logo en ce sens est normalement présent sur les emballages. Contrairement aux UVB, les UVA ne sont pas arrêtés par le verre et leurs effets ne sont pas ­immédiatement visibles. Ils n’en sont que plus dangereux. Responsables du vieillissement cutané, ils peuvent aussi être à l’origine de cancers. Les fabricants n’en seraient-ils pas conscients ? Cette année, un quart des produits – et la moitié parmi les produits bio – ­protègent insuffisamment des UVA.

 

Test Que Choisir : Comparatif Crèmes solaires

Florence Humbert
Gaëlle Landry

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