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Victimes d’arnaque : gare aux « agences » qui vous promettent de vous aider à récupérer les sommes perdues

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par Alexis Da Silva

C’est le piège de la double peine. Surfant sur la détresse des personnes déjà escroquées, des « agences de recouvrement » démarchent les victimes d'escroqueries en leur promettant de les aider à récupérer leur argent. Un mensonge visant à dépouiller un peu plus des victimes déjà fragilisées.

Sur Internet ou par e-mail, des « agences de recouvrement » proposent aux victimes d’une première arnaque de les aider à récupérer une partie ou la totalité de leurs fonds. Mais derrière les casquettes d’« avocats », d’« enquêteurs » ou de « spécialistes », ces structures n’ont en réalité qu’un seul objectif : leur soutirer de nouveau de l’argent.

La pratique n’est pas isolée. Selon un sondage BVA pour l’AMF de 2024, sur 161 personnes escroquées, 66 % ont été jointes par des interlocuteurs leur assurant qu’elles remettraient la main sur les sommes perdues. De fait, cette même année, des arnaqueurs ont usurpé l’identité du réseau des centres européens des consommateurs (ECC-Net) dans le but de tromper des personnes déjà abusées financièrement.

Les aigrefins leur annonçaient avoir retrouvé leur argent, puis leur demandaient d’envoyer leurs données personnelles afin de vérifier leur identité, sous peine de reverser les sous à des associations caritatives. Pour les convaincre, ils disaient travailler avec Interpol ou la Banque centrale européenne (BCE)… L’ECC-Net a porté plainte et rappelé qu’aucun département dédié au recouvrement des fonds n’existait en son sein.

Un cas de spoofing

Il y a trois ans, une cinquantaine de victimes d’arnaques à l’investissement ont révélé avoir été appelées par des « enquêteurs de l’Autorité des marchés financiers (AMF) » ou des « agents du service des fraudes de l’AMF ». Plusieurs sont tombées dans le piège, car le vrai numéro de l’AMF s’affichait sur leur téléphone… un cas manifeste de spoofing.

Parmi elles, celles qui avaient subi des fraudes liées aux cryptomonnaies avaient aussi reçu un coup de fil d’un « ingénieur » censé les assister techniquement pour récupérer leur portefeuille virtuel sur la blockchain (base de données décentralisée).

Dans son communiqué du 12 janvier 2023, le gendarme boursier explique qu’il ne contacte jamais les épargnants de sa propre initiative pour des services consistant à recouvrer des fonds perdus ou pour proposer une indemnisation : « En cas d’arnaque, seule la justice est habilitée à intervenir. […] L’AMF demande aux personnes recevant ces appels frauduleux de ne surtout pas donner suite, et de les signaler à son centre de relations avec les publics, AMF Épargne Info Service. »

Plus généralement, regardez les mentions légales d’un site de recouvrement : une véritable agence ne peut pas faire l’impasse sur ces précisions. Mais cela ne suffit pas, car nombre d’escrocs usurpant l’identité d’entreprises existantes affichent leurs informations. Confrontez ces dernières aux bases de données du Registre du commerce et des sociétés (Infogreffe.fr) et comparez le numéro de téléphone indiqué à celui figurant sur Pagesjaunes.fr. Éviter les arnaques se joue sur des détails.

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Alexis Da Silva

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