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David contre Goliath

Afin d'augmenter leurs revenus, des producteurs éthiopiens de café, un cru très vendu aux États-Unis, ont tenté d'enregistrer leur marque sur le territoire américain. En vain.

Harar, sidamo, yirgacheffe... ces trois variétés de moka éthiopien comptent parmi les meilleurs crus du monde. Et pourtant leurs producteurs sont très mal rémunérés par les torréfacteurs, qui trustent le marché et réalisent d'énormes bénéfices. Ainsi une livre de café achetée aux producteurs entre 0,60 et 1,20 dollar peut-elle être revendue jusqu'à 26 dollars dans les échoppes du géant américain Starbucks. En 2005, le gouvernement éthiopien, soutenu par Oxfam, une ONG altermondialiste, a donc déposé aux États-Unis une demande d'enregistrement de marques pour ses trois variétés de café les plus connues. Un moyen d'augmenter de façon conséquente les revenus engendrés par le café : environ 90 millions de dollars de plus par an, soit un gain de 25 %. Mais fin août, la demande pour le sidamo et le harar a été rejetée suite aux protestations de la NCA, l'association américaine du café. Seule la variété yirgacheffe, moins vendue aux États-Unis, a été enregistrée. Selon le gouvernement éthiopien et Oxfam, la chaîne américaine Starbucks a tout fait pour bloquer cette labellisation. Pourtant, le géant yankee se défend de vouloir spolier les producteurs de café locaux. Dans un communiqué, il met en avant les prix d'achat avantageux consentis aux producteurs en 2005, de 23 % supérieurs, selon lui, au cours moyen de ces variétés. Starbucks propose aussi au gouvernement éthiopien de l'aider à obtenir une certification géographique pour ses produits, comparable aux IGP et AOP européennes. Mais pour Oxfam, Starbucks cherche surtout à protéger ses intérêts, d'autant que cette affaire créée un précédent. « Si l'Éthiopie l'emporte, d'autres pays producteurs de café et fournisseurs de Starbucks risquent d'entamer le même type de démarche », estime Louis Belanger, représentant d'Oxfam en Belgique. Un débat d'experts dont les consommateurs sont curieusement absents. Pourtant, entre une marque commerciale qui protège avant tout les intérêts de son détenteur et une certification officielle qui garantit l'origine et le niveau de qualité du produit, pour l'amateur de café, le choix est clair.


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