| 14/02/08 Charte nutritionnellePas pour du beurre Enfin du concret sur le front de la nutrition et de la lutte contre l'obésité : pour la première fois, une entreprise agroalimentaire, Saint-Hubert, s'engage auprès de l'État à améliorer de manière substantielle la qualité de ses produits.
L'industrie agroalimentaire commencerait-elle à comprendre qu'elle a tout à gagner à se mobiliser contre l'obésité ? En tout cas, signe que les temps changent, Saint-Hubert, spécialisé dans les margarines allégées et les substituts du beurre, a signé lundi dernier avec l'État une charte de progrès nutritionnel. C'est la première entreprise à franchir le pas. D'autres industriels auraient bien voulu avant elle s'engager dans un tel programme, mais les avancées qu'ils avaient proposées n'avaient pas été jugées suffisamment sérieuses. Concrètement, Saint-Hubert s'engage, pour les deux tiers de sa production, à réduire d'ici à 2 ans de 5 à 10 % la teneur en lipides de ses spécialités, et de 3 à 5 % celle des acides gras saturés. Les acides gras trans, eux, ne devront pas dépasser 1 %, et 80 % des margarines ne pourront en contenir plus de 0,5 %. Enfin, la richesse en oméga 3 et un bon rapport oméga 6/oméga 3 devront être maintenus, y compris dans les nouveaux produits. On pourrait penser que Saint-Hubert ne fait qu'emboîter le pas aux géants de l'agroalimentaire mondial qui, ces derniers temps, et sous la pression de l'opinion publique, ont promis de faire des efforts, ici en limitant la teneur en sucre de certains produits, là en ne diffusant plus de publicité visant les moins de 12 ans. Sauf qu'en s'imposant des objectifs chiffrés approuvés par l'Observatoire de la qualité de l'alimentation, mis en place dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS), l'initiative de Saint-Hubert dépasse la simple intention de bonne volonté. D'autres producteurs pourraient s'engager dans des démarches similaires. Il leur suffit pour cela de proposer à l'Observatoire de la qualité de l'alimentation un plan visant à réduire les apports en sel, glucides simples, lipides ou acides gras saturés, ou bien à augmenter les teneurs en fibres, en glucides complexes ou la quantité de fruits et légumes contenus dans leurs produits. Si Saint-Hubert y arrive, pourquoi pas d'autres.
Anne-Sophie Stamane
| |