| 15/04/08 Détecteurs de fuméePerformances à revoir Suite aux mauvaises performances des détecteurs de fumée lors d'un test de l'UFC-Que Choisir (septembre 2006), la Commission de sécurité des consommateurs (CSC) a réalisé ses propres évaluations. Ses conclusions sont moins négatives, mais l'organisme recommande tout de même une norme européenne plus contraignante.
En cas d'incendie, il y a nettement moins de victimes si les habitants sont alertés rapidement et s'ils savent réagir face au feu. D'où l'utilité, dans les logements, des détecteurs avertisseurs de fumée (DAF). À condition qu'ils soient fiables. Or, à l'issue d'un test publié en septembre 2006, l'UFC-Que Choisir avait montré que les équipements disponibles sur le marché étaient loin d'être performants, y compris pour les feux couvants, très dangereux car ils produisent peu de flammes mais dégagent des fumées toxiques. Ce constat était partagé par l'Institut national de la consommation (INC).
Informée de cet état des lieux inquiétant, la Commission de sécurité des consommateurs (CSC) a réalisé ses propres évaluations, « en situation réelle de feu domestique ». Les résultats, qu'elle vient de publier, sont, affirme-t-elle, « contrastés ». Les DAF réagiraient en 1 à 3 minutes en cas de feu déclaré, et en 3 à 5 minutes si le feu est « couvant », certains mettant tout de même jusqu'à 8 à 10 minutes pour donner l'alerte. Quant à la détection d'un feu « localisé », correspondant à la chute d'une allumette sur un meuble rembourré, les DAF sont clairement pris en défaut. Intensifier les contrôles
Même si l'essai est fait selon des critères différents de ceux retenus par l'UFC-Que Choisir, et aboutit de ce fait à un constat moins défavorable, la CSC demande aux pouvoirs publics d'intensifier leurs contrôles de conformité. Elle souhaite également une intervention de la France auprès de Bruxelles, afin que la conformité à la norme européenne soit attestée « au niveau le plus élevé », qui implique l'intervention d'organismes indépendants à toutes les étapes de production des DAF. Actuellement, certaines vérifications sont simplement à la charge du fabricant. Ces exigences de la CSC correspondent en réalité à la norme NF, actuellement la plus fiable. Autre impératif, selon la CSC : voter dans les plus brefs délais la proposition de loi imposant l'installation de DAF dans tous les logements. En attendant que les parlementaires se décident, les consommateurs sont invités à faire la démarche d'eux-mêmes. Attention toutefois : installer un DAF suppose aussi de l'entretenir. Et, surtout, il est capital de s'informer sur la conduite à tenir en cas d'incendie. Car si l'alerte est indispensable, il est tout aussi important de savoir comment se comporter face au feu.
Anne-Sophie Stamane
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