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Pollution atmosphérique samedi 16 février 2008 PressingsDes contrôles cet été Le perchloréthylène, un solvant utilisé dans les pressings pour le nettoyage à sec, est classé comme cancérogène possible par l'Union européenne. Des contrôles auront lieu cet été pour vérifier si les pressings respectent la réglementation.
Maux de tête, vertiges, nausées, pertes de mémoire, irritation des voies respiratoires : inhalé, le perchloréthylène, un solvant utilisé comme dégraissant pour le nettoyage à sec, a des effets certains sur la santé. Il favoriserait même l'apparition de cancers du foie, des reins, de la vessie, de l'oesophage et du col de l'utérus. Or « des mesures réalisées dans des immeubles abritant des pressings ont montré la possibilité de contamination par le perchloréthylène des appartements situés dans ces immeubles », note la Direction de la prévention des pollutions et des risques, rattachée au ministère de l'Écologie, dans un courrier adressé en janvier aux préfets. C'est pourquoi la secrétaire d'État à l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a décidé d'une opération « coup de poing » l'été prochain. Deux cents établissements, sur les 7 500 existants, seront visités. Trois obligations règlementaires vont être particulièrement contrôlées. D'une part, les inspecteurs devront s'assurer que la ventilation des pressings est bien totalement indépendante des canalisations ou des systèmes de ventilation des habitations alentours. Ils auront aussi à vérifier que les machines de nettoyage à sec sont étanches, et que l'installation est munie d'un séparateur pour éviter la présence de solvants dans les eaux usées. Enfin, il leur reviendra de mesurer les rejets dans l'atmosphère, qui ne doivent en aucun cas occasionner des odeurs « gênantes pour le voisinage », et ne peuvent dépasser 20 g de solvant halogéné par kilo de linge. Mais dans un contexte de suspicion exacerbée, c'est l'usage même du perchloréthylène qui est en cause. Ce solvant n'est considéré que comme cancérogène possible par l'Union européenne, mais le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) le croit plus dangereux, et l'a classé parmi les cancérogènes probables. Et certains scientifiques soulignent opportunément qu'il existe, pour les pressings, des produits de substitution moins nocifs. Cette affaire rappelle en tout cas celle des vapeurs d'essence émises à proximité des stations-service. L'UFC-Que Choisir avait relevé en 2006 à Paris des teneurs très élevées en benzène, un cancérogène certain selon le CIRC. Une opération de contrôle des stations-service serait d'ailleurs programmée pour 2009 par les autorités sanitaires.
Anne-Sophie Stamane
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