par Olivier Puren
Impôts : le barème progressif sera revalorisé en 2027
Le gouvernement prévoit de revaloriser les tranches du barème progressif de 2,1 % en 2027, pour l’imposition des revenus perçus en 2026. Cette indexation éviterait à 500 000 foyers de devenir imposables.
L’essentiel
- Revalorisation du barème fiscal. Le barème progressif de l’impôt sur le revenu devrait être revalorisé de 2,1 % en 2027 pour compenser l’inflation. Les seuils et les limites d’imposition seront ajustés en conséquence.
- Statu quo fiscal. Selon Bercy, cette revalorisation évitera à plus de 20 millions de contribuables de subir une hausse d’impôt en 2027. Et à 500 000 foyers aux revenus très modestes de devenir imposables.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 présenté en Conseil des ministres le 1er octobre propose de revaloriser le barème progressif de l’impôt sur le revenu de 2,1 % l’an prochain. Soit l’inflation prévue pour 2026.
La mesure est destinée à préserver le pouvoir d’achat de millions de ménages, en baisse de 0,4 % cette année suite à l’explosion des prix des carburants (+21,2 % sur 1 an) et des produits frais (+9,9 % sur 1 an). Elle sera discutée par les députés du 13 au 19 octobre et donnera lieu à un vote solennel le 20 octobre.
L’Assemblée nationale pourrait se montrer plus généreuse que l’exécutif, car l’Insee anticipe une inflation supérieure à celle du gouvernement, d’au moins 3 % sur l’ensemble de l’année. À suivre lors des débats parlementaires.
Hausse des tranches et des seuils d’imposition
La revalorisation de 2,1 % correspond à l’évolution de l’indice des prix à la consommation hors tabac anticipée par l’exécutif pour 2026. Une prévision de hausse a minima avant tout dictée par l’état de nos finances publiques. Le barème prévu par le PLF du calcul de l’impôt 2027 sur les revenus de 2026 est le suivant :
| Revenu global du foyer en 2026* | Revenu global du foyer en 2025* | Taux d’imposition |
| ≤ à 11 844 € | ≤ à 11 600 € | 0 % |
| De 11 844 € à 30 200 € | De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 30 200 € à 86 383 € | De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 86 383 € à 185 737 € | De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| > à 185 737 € | > à 181 917 € | 45 % |
* Par part de quotient familial.
Les seuils et les limites traditionnellement indexés sur le barème progressif de l’impôt sont ajustés en conséquence. Le PLF prévoit de rehausser de 2,1 % la décote d’impôt accordée aux ménages faiblement imposés et l’abattement sur les revenus accordé aux personnes âgées ou invalides de condition modeste, afin d’éviter à ceux dont les revenus ont légèrement progressé cette année de devenir imposables.
La déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels applicable sur les salaires passe à 520 € au minimum et à 14 861 € au maximum, contre 509 € et 14 555 € cette année. Les plafonds de déduction des frais d’accueil d’une personne âgée ou de la pension alimentaire versée à un enfant majeur étudiant grimpent à 4 161 € et à 6 999 €. Les économies d’impôt tirées des demi-parts supplémentaires de quotient familial sont, elles aussi, majorées de 2,1 %.
L’abattement forfaitaire de 10 % applicable sur les pensions de retraite et d’invalidité serait fixé au minimum à 464 € par pensionné en 2027, contre 454 € en 2026. En revanche, le projet de loi prévoit de raboter le plafond de cet abattement à 3 000 € par foyer fiscal l’année prochaine, contre 4 439 € cette année. Si la mesure est adoptée, les contribuables déclarant plus de 30 000 € de pensions subiront une hausse d’impôt maximale de 648 € (4 439 € - 3 000 € x 45 %).
Bon à savoir Le barème progressif de l’impôt a été revalorisé de 0,9 % en 2026 alors que les salaires du secteur privé ont augmenté de 2 % en moyenne en 2025. Résultat, le nombre de foyers imposables a augmenté de 900 000 cette année.
Des conséquences variables sur vos impôts 2027
La revalorisation du barème et des seuils d’imposition est destinée à neutraliser les effets de l’inflation sur votre niveau d’imposition. Selon Bercy, elle va permettre de prémunir 20 millions de ménages contre une hausse d’impôt de 4 milliards d’euros, et d’éviter l’entrée dans l’impôt d’environ 500 000 foyers. Évidemment, ses conséquences sur vos impôts dépendent de l’évolution de votre situation.
Vous payerez moins d’impôts en 2027 si votre situation n’a pas évolué en 2026 (situation de famille, revenus et charges constants). Car une part plus importante de vos revenus sera soumise aux tranches basses du barème, les moins taxées, et une part plus faible soumise aux tranches hautes, les plus taxées. Par exemple, si vous êtes célibataire et déclarez 35 000 € de salaires, vous payerez 2 409 € d’impôt en 2027 contre 2 554 € en 2026. Soit une baisse d’impôt de 5,7 %.
À l’inverse, vous payerez plus d’impôts en 2027 si votre situation a évolué positivement en 2026 (revenus en hausse ou charges en baisse). Mais si vos revenus ont progressé au même rythme que l’inflation, vos impôts augmenteront dans la même proportion, ni plus ni moins.
Vous ne serez « surimposé » que si le revenu global de votre foyer a bondi de plus de 2,1 %. Par exemple, si vous êtes célibataire et déclarez 35 735 € de salaires pour 2026 contre 35 000 € pour 2025, vous payerez 2 608 € d’impôt en 2027 contre 2 554 € en 2026. Soit une hausse d’impôt de 2,1 %, équivalente à votre hausse de revenus.
Bon à savoir Les revenus financiers et les plus-values mobilières soumis à la flat tax de 12,8 % ne sont pas concernés par la revalorisation du barème progressif de l’impôt. Ceux perçus en 2026 sont davantage taxés que ceux de 2025, car ils sont soumis à la hausse de la CSG en vigueur depuis le 1er janvier.
Olivier Puren