par Grégory Caret
par Grégory Caret
La flambée des prix des carburants fait ressurgir le spectre d’une économie à l’arrêt. Moral des ménages en berne, limitation des déplacements : l’inflation des prix de l’énergie aura des conséquences sur la consommation, sur les carnets de commandes des entreprises et sur les futures rentrées fiscales. À trop vouloir jouer la carte de l’économie au détriment des aides aux automobilistes, le gouvernement fait-il le bon choix ? En tout cas, la plupart de nos voisins européens n’ont pas fait le même. Explications.
Depuis le début du conflit en Iran, la France s’écarte de la moyenne des prix des carburants pratiqués dans l’Union européenne (UE). Le différentiel est passé de 7 centimes à 21 centimes par litre pour le SP95-E10 et de 7 centimes à 23 centimes pour le diesel au 8 mai. La raison ? Certains de nos voisins ont mis en place des mesures visant à limiter la hausse des carburants à la pompe.
Les nations européennes peinent souvent à s’accorder. S’agissant des réponses apportées à l’envol du prix du baril et des prix à la pompe, les divergences sont particulièrement spectaculaires.
Ainsi, des pays comme l’Allemagne, l’Espagne mais aussi Malte, la Pologne, l’Irlande, la Hongrie, la Roumanie ou la Slovénie ont décidé de contenir au maximum les hausses. Dans ces pays, la hausse des prix à la pompe n’excède pas 20 centimes par litre pour l’essence et 30 centimes par litre pour le diesel.
L'Espagne a été l'un des pays les plus réactifs. Le 20 mars 2026, une « réduction drastique de la fiscalité sur l'énergie » ainsi qu’une série de mesures destinées à amortir les effets du conflit ont été annoncées pour un budget de 5 milliards d'euros.
L’Allemagne a réagi plus tardivement, mais de façon tout aussi drastique. À l’issue de négociations entre conservateurs et sociaux-démocrates, le 13 avril, une réduction des prix des produits pétroliers de 17 centimes par litre est mise en place.
La plupart des pays européens ont contenu les hausses à moins de 40 centimes par litre pour l’essence et le diesel. On trouve ainsi la Grèce, la Slovaquie, la Suède, l’Italie, la Lituanie, la Croatie, l’Autriche, le Portugal, le Luxembourg et la République tchèque.
Ces pays proposaient, en outre, avant la crise, des prix à la pompe souvent très inférieurs à ceux pratiqués en France. Ainsi, au 8 mai, dans tous ces pays, le prix du diesel n’excède jamais 2 €/l.
Au Danemark, aux Pays-Bas, en Finlande et en Belgique, les automobilistes ont subi des hausses de prix à la pompe de 35 centimes par litre ou plus pour l’essence et de 40 centimes voire plus de 50 centimes pour le diesel.
Dans ces pays où les prix avant-crise étaient déjà parmi les plus élevés d’Europe, l’essence est commercialisée entre 2,10 € et 2,30 € le litre (record pour le Danemark) et le diesel entre 2,20 € et 2,37 € le litre (pour la Finlande) !
La France, avec des mesures ciblées d’une portée limitée, se place dans cette catégorie des pays européens où les carburants sont aujourd’hui les plus onéreux.
D’autres pays (Estonie, Chypre, Bulgarie et Lettonie) connaissent aussi de fortes hausses des prix des carburants. Mais ces pays affichaient avant-crise des prix à la pompe en dessous de la moyenne européenne. En conséquence, le prix au litre n’y excède pas 2 €/l.

Grégory Caret
Observatoire de la consommation
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