par Grégory Caret
par Grégory Caret
Les carburants routiers sont indispensables. Les Français s’en servent chaque jour pour se déplacer. Pour l’État, les produits pétroliers sont une manne fiscale dont il est incapable de se passer. Voici pourquoi.
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Un litre de sans plomb ou de gazole est essentiellement composé de pétrole brut. Le premier coût d’un litre de carburant est donc celui induit par l’exploration pour trouver du pétrole, puis par son exploitation.
Le pétrole brut est coté à trois endroits de la planète. On parle du baril de brent pour la Bourse de Londres, du WTI pour le baril coté à New-York et du Dubaï light pour le produit coté à Dubaï. Et davantage que les coûts d’extraction, c’est bien les cours boursiers qui fixent le prix du pétrole au gré des anticipations des acteurs boursiers (traders ou investisseurs). Dans le cas récent du conflit iranien, les atermoiements politiques génèrent ainsi de très fortes fluctuations des cours boursiers énergétiques.
L’Europe consomme du brent. Celui-ci étant coté en dollars, l’évolution des taux de change est loin d’être négligeable lorsqu’il s’agit de convertir le prix du baril en euros.
Les carburants sont des produits raffinés du pétrole brut. Les raffineurs chauffent la matière première pour en extraire le bitume, le fioul, le supercarburant… Ces produits raffinés font, eux aussi, l’objet d’une cotation internationale. Pour ce qui concerne la France et l’Europe du Nord, les carburants sont cotés à Rotterdam.
La France étant dans l’obligation d’importer une part importante du gazole, les cotations sur la place boursière des Pays-Bas impactent fortement les prix du diesel. Ce phénomène, en revanche, touche moins l’essence qui est produite localement.
Une fois le pétrole raffiné, il convient de l’acheminer de la raffinerie jusqu’aux réservoirs des voitures des automobilistes. La marge du transport-distribution représente donc le coût de transport du produit fini jusqu’à un dépôt de carburant et le prix de revient de son stockage.
Elle couvre aussi le coût du transfert du produit jusqu’à la station-service, les dépenses d’exploitation de celle-ci et la marge commerciale du distributeur de carburants. Cette marge englobe, enfin, les dépenses dues aux certificats d’économie d’énergie (CEE). Cette taxe augmente régulièrement et peut atteindre jusqu’à 0,15 € par litre de carburant.
L’accise est la nouvelle dénomination de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Il s’agit d’un montant fixe par litre de carburant.
Pour le diesel, l’accise est à 0,61 € par litre, soit le tarif le plus élevé d’Europe avec l’Italie (0,62 €/l), loin au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (0,44 €/l).
Pour le super sans plomb, l’accise est encore supérieure, à 0,69 €/l contre 0,55 €/l pour la moyenne européenne.
Le taux normal de 20 % de TVA s’applique aux produits pétroliers. La TVA frappe aussi bien le coût du produit que les CEE ou l'accise. L'UFC-Que Choisir a déjà largement dénoncé le système de double taxation des carburants.

Grégory Caret
Observatoire de la consommation
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