Bois tropical

Dur de faire le bon choix

Publié le : 13/12/2008 

D'après une enquête réalisée par le WWF France, les enseignes de jardinage et de bricolage n'ont fait aucun progrès : les meubles faits de bois tropicaux africains sont toujours très mal étiquetés. Le label FSC, qui garantit un bois respectueux des forêts tropicales, est quasiment inexistant.

 

Quand on est sensible à la déforestation et à ses conséquences écologiques et sociales, disposer d'informations fiables sur l'origine du bois tropical utilisé pour fabriquer meubles de jardin, parquets ou fenêtres est essentiel pour faire le bon choix. Mais ce ne sont pas les enseignes françaises de bricolage et de jardinage qui aideront à se faire une opinion. Selon une enquête du Fonds mondial pour la nature (WWF France), l'étiquetage des articles fabriqués à partir de bois tropicaux laisse clairement à désirer. Après avoir visité 71 magasins et analysé 395 produits, l'ONG dresse un constat accablant : plus de 90 % des meubles ne comportent aucune mention du nom scientifique de l'essence, et pour 80 % d'entre eux, impossible de savoir de quel pays a été importé le bois. Ces éléments sont pourtant indispensables pour déterminer « si l'espèce d'arbre est menacée, si elle est issue d'un pays à risque et si elle est issue de forêt gérée durablement », souligne le WWF France. Quant au label FSC (Forest Stewardship Council), le seul actuellement à garantir que le bois vient d'une forêt exploitée dans le respect de l'environnement et des populations, il n'est présent que pour 4 % des articles.

Ces chiffres n'ont pas évolué depuis la première enquête, menée l'an dernier. La grande distribution n'a donc fait aucun effort pour améliorer l'information des clients. Du point de vue du WWF, agir est pourtant devenu une urgence, car 13 millions d'hectares de forêt tropicale disparaissent dans le monde chaque année. À son niveau, la France, principal pays « consommateur » européen de bois tropicaux, a un rôle à jouer. Ne serait-ce que pour assainir le marché : actuellement, 40 % des importations seraient illégales.

Sapin éco-responsable

Le WWF France recommande d'acheter un sapin local dont la plantation est la plus proche possible du magasin afin d'éviter les sapins devant être transportés sur des centaines de kilomètres.

Pour le recyclage, une fois les fêtes terminées, mieux vaut « amener son sapin à une proche déchetterie verte qui le compostera pour refertiliser les terres. » Jeté comme une ordure ménagère, le sapin s'avère à nouveau très polluant (transport, incinération).

Anne-Sophie Stamane

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