LeFoodle de Seb

Mauvaise recette

Publié le : 08/02/2013 

Seb vend, pour 200 €, la tablette MonFoodle, dédiée à la cuisine. Pour l’alimenter facilement en contenu, le fabricant d’électroménager a ouvert sur Internet une interface, LeFoodle, où compiler et partager des recettes. Y compris en les important d’autres sites sans l’autorisation de leurs auteurs. Totalement illégal !

 

« Une recette du web qui vous inspire ? Imaginez qu'en un seul clic, hop, la voilà dans votre collection ! » C’est dans ces termes primesautiers que Seb encourage, aujourd’hui encore, les inscrits à son site culinaire LeFoodle à tout bonnement piller les blogs et sites de cuisine pour alimenter un classeur de recettes numérique personnel. Pour cela, rien de plus simple : il suffit d’installer sur son ordinateur le module +Foodle, et de l’activer à chaque recette intéressante. Ce dernier est toutefois hors service depuis quelques jours. Car les blogueurs qui, stupéfaits, ont retrouvé par hasard leurs recettes et leurs photos sur le site de Seb, sans être cités et sans aucun renvoi vers leurs sites, ont donné de la voix. Et obtenu que Seb suspende son service.

Dans un premier temps, Seb s’est défendu d’aspirer le contenu des blogs, avançant que les recettes qui y figurent sont gratuites. Or, ce n’est pas parce qu’un contenu est public qu’il est libre de droits : la loi interdit dans tous les cas de se servir sans l’autorisation de l’auteur. Le fabricant s’est ensuite défaussé sur les inscrits à son site, seuls à même d’importer des recettes et, surtout, de rendre public leur carnet de recettes. Sauf que Seb est bien considéré comme l’éditeur du contenu. En outre, les carnets de recettes ouverts sur son site ont été largement alimentés et publiés par ses propres salariés, motivés par un concours interne. Ils pouvaient remporter des crêpières électriques et des friteuses. Ou, bien entendu, des tablettes numériques MonFoodle, celles-là mêmes qui permettent d’optimiser, en cuisine, la lecture et la réalisation des recettes patiemment collectées. Comble de l’ironie, Seb demande 200 € pour sa tablette, remplie d’un contenu qui n’a pas dû lui coûter très cher !

Anne-Sophie Stamane

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