PEL

Nouvelle formule

Publié le : 08/12/2010 

La réforme du Plan épargne logement (PEL) telle que présentée par la ministre de l’Économie devrait en faire une épargne refuge pour les particuliers.

 

Après avoir été boudé pendant des années pour sa faible rémunération, le Plan d’épargne logement (PEL) a retrouvé quelques couleurs en raison des très faibles taux des livrets réglementés concurrents alignés sur le coût de l’argent à court terme (autour de 1,25 % pour le livret A et le livret de développement durable contre 2,50 % pour le PEL). Son attraction pourrait encore augmenter avec le nouveau projet de loi annoncé par Christine Lagarde et discuté en Conseil des ministres en novembre dernier.

Un taux d’intérêt plus attractif

Le projet de la ministre de l’Économie prévoit un double avantage pour le PEL. Pour commencer, son taux s’alignerait désormais sur ceux du marché. Il serait fixé, selon un mécanisme complexe, en partie sur les taux monétaires à long terme, et en partie sur une anticipation de ces taux 1. Depuis 2003, il était bloqué à 2,50 %. Mais en même temps, contrairement aux autres livrets, un seuil minimal de 2,50 % resterait garanti, quels que soient les taux du marché. Une sécurité qui pourrait séduire dans ces périodes de turbulences financières. Pour l’année à venir, le taux du PEL pourrait ainsi se rapprocher de ceux de l’assurance-vie en euros (entre 3 et 4,5 %), qui reste le placement de l’année 2010. Mais les objectifs ne sont pas non plus les mêmes. L’assurance-vie est un placement à long terme, avec une fiscalité attractive… Le PEL, lui, représente plus une épargne à moyen terme destinée à s’assurer contre la hausse des taux de crédit immobilier. Sa fiscalité ne change d’ailleurs pas véritablement, elle est seulement étalée dans le temps. Les prélèvements sociaux seront dus chaque année sur les intérêts annuels et non plus une seule fois à la fin du contrat, sur les intérêts cumulés.

Crédit immobilier : un taux qui reste plus haut que le marché

Pour le moment, l’ouverture d’un PEL donne droit à emprunter une certaine somme (voir encadré) à un taux variant selon la date d’ouverture du PEL. Or les taux des prêts immobiliers ont rarement été aussi bas : 3,5 % en moyenne en décembre 2010. Pour l’instant, il n’y a donc aucun intérêt à casser son PEL pour obtenir un prêt immobilier. Mieux vaut emprunter sur le marché des banques en comparant les offres. Mais, fait-on remarquer dans l’entourage de Christine Lagarde, « le PEL représente bien une assurance pour l’avenir. Il s’agit de se prémunir contre une hausse des taux. Ouvrir un PEL reste donc totalement d’actualité dans l’objectif d’un projet immobilier dans quelques années. Il y a en effet de fortes chances pour que les taux d’emprunt remontent, étant actuellement à un plancher historique ». Une situation qui rendrait ainsi au PEL son objectif premier : se constituer une épargne pour emprunter à un taux plus faible.

Quelle somme pourrez-vous emprunter avec votre PEL ?

Le montant maximum empruntable est de 92 000 euros. Il dépend des intérêts cumulés et de la durée d’épargne. Pour chaque durée, on recherche le montant du crédit qui correspond au total des intérêts. Le taux utilisé pour ce calcul est celui de la phase épargne hors prime de l’État. Pour un solde moyen de 5 000 euros environ sur un PEL pendant 4 ans (environ 350 euros d’intérêts acquis), le prêt se monte à environ 9 000 euros sur une durée de 10 ans et 4 500 euros sur une durée de 15 ans.

1. L’indice de référence sera composé à 70 % des taux monétaires à long terme et à 30 % des anticipations de ces taux sur les années à venir.

Élisa Oudin