Photos en ligne

Partager n’est pas sans danger

Publié le : 24/12/2012 

Jeunes ou moins jeunes, la plupart des internautes partagent leurs photos sur Internet, et notamment sur les réseaux sociaux. Cette pratique devenue courante n’est pourtant pas sans conséquences. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a mené l’enquête et donne ses conseils pour éviter les déconvenues.

 

Mettre ses photos sur Internet est devenu une habitude. Selon une étude TNS Sofres, 58 % des internautes déclarent partager leurs photos sur leur blog, leur page Facebook ou leur site Internet. Ce taux atteindrait même 86 % chez les 18-24 ans. Les fonctions d’identification sont aussi de plus en plus utilisées. D’après la même étude, 41 % des internautes et 77 % des jeunes tagueraient leurs photos, c’est-à-dire identifient les personnes qui apparaissent sur les clichés, ou activeraient les technologies de reconnaissance faciale proposées par certaines plates-formes de manière à identifier automatiquement les personnes présentes sur les photos. Cette même étude montre également que la plupart des internautes savent qu’il est important de demander au préalable l’autorisation des personnes concernées avant de mettre en ligne une photo sur laquelle elles apparaissent. Mais dans la pratique, tous ne le font pas. Il faut dire que les outils mis à leur disposition ne sont pas forcément très simples à utiliser.

Face à ce constat, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a décidé de réagir. Chargée de protéger nos données personnelles, elle a demandé aux plates-formes de partage de mettre en place des outils facilement accessibles et simples à utiliser pour permettre à leurs utilisateurs de maîtriser la diffusion de leurs photos. La Cnil met aussi en garde les internautes en leur prodiguant 9 conseils :

1. Adapter le type de photos au site. Sur certains espaces, il n’est pas possible de restreindre la visibilité des photos qui sont alors accessibles à tout le monde. C’est le cas d’Instagram, par exemple. Mieux vaut aussi éviter d’utiliser la même photo de profil sur des sites ayant des finalités différentes (Facebook, Viadeo ou LinkedIn, Meetic). La photo peut en effet être utilisée pour faire le lien entre les différents profils (en cas d’utilisation d’un moteur de recherche d’images, par exemple).

2. Paramétrer ses critères de confidentialité de manière à bien définir quel groupe d’amis a accès à quelles photos (voir la manipulation sur Facebook en vidéo).

3. Réfléchir avant de publier une photo de ses amis ou de soi-même sur un réseau social et avoir à l’esprit qu’il peut s’avérer difficile, voire impossible, de la supprimer par la suite, notamment si elle a été copiée ou partagée.

4. Demander l’autorisation avant de publier la photo de quelqu'un.

5. Utiliser avec modération les outils d’identification (tags) et de reconnaissance faciale qui exposent davantage les personnes.

6. Contrôler la manière dont on peut soi-même être tagué. Il est en effet possible de paramétrer son compte de manière à autoriser seulement certains contacts à vous identifier ou à recevoir une alerte lorsque l’on est identifié dans une photo.

7. Trier régulièrement ses photos et contrôler qui a accès aux photos publiées, en particulier les plus anciennes qui peuvent se révéler gênantes avec le temps.

8. Faire supprimer les photos dérangeantes. Vous avez en effet le droit de faire effacer une photo de vous d’un site ou d’un réseau social. Demandez à la personne qui l’a publiée de l’enlever. Vous pouvez aussi vous adresser en ligne à la Cnil.

9. Éviter d’activer la synchronisation automatique des photos (Flux de photos d'Apple, Instant Upload de Google+, Facebook Synchronisation...) avec son smartphone ou sa tablette. Ces fonctions ne sont pas des coffres-forts numériques mais des espaces de partage et de publication qui rendent la suppression des photos plus compliquée.