Placement

Doubl'ô en justice

Publié le : 09/07/2010 

Des milliers d'épargnants ont souscrit, par le biais de la Caisse d'épargne, à Doubl'ô, un fonds commun de placement censé rapporter deux fois le capital initial. En réalité, ils n'ont récupéré au mieux que leur mise de départ. La DGCCRF, saisie, vient de remettre au Parquet son rapport et un procès-verbal d'infraction.

 

La Caisse d'épargne est dans le collimateur de la justice. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) vient de transmettre au Parquet son rapport et un procès verbal d'infraction concernant Doubl'ô, un fonds commun de placement (FCP). Ce sont les méthodes de commercialisation de ce produit financier, à partir de 2001, qui ont intéressé les autorités. La Caisse d'épargne promettait en effet à ses clients qu'ils gagneraient, après six ans, au moins deux fois le capital investi au départ. En réalité, l'opération était loin d'être garantie. Le contrat le précisait, mais en tout petit. Résultat : ce n'est qu'une fois le placement arrivé à terme, à partir de 2007, que les épargnants ont réalisé la supercherie. Ils ont dû se contenter de récupérer leur mise initiale, qui plus est amputée des frais de dossier ! Alertée par de nombreux clients mécontents, l'UFC-Que Choisir a porté plainte en 2009 contre la Caisse d'épargne pour pratiques commerciales trompeuses.

Quand Natixis s'effondre en bourse

D'autres établissements ont vendu ce placement, mais avec un peu plus de prudence : ils prenaient soin d'attirer l'attention sur le caractère aléatoire du rendement. La Caisse d'épargne ne s'est pas embarrassée de telles précautions, allant même jusqu'à proposer Doubl'ô à des clients simplement venus retirer un chéquier en agence. Toujours aussi décomplexée, elle a également conseillé à la même époque, et par le biais de ses agences régionales, l'acquisition d'actions Natixis à des épargnants pas du tout au fait des risques liés au placement en bourse. De fait, depuis 2006, l'action Natixis a perdu plus de 90% de sa valeur initiale.

Ces déboires des épargnants illustrent une fois encore la nécessité de mieux sanctionner les dérapages lors de la commercialisation de produits financiers.

Anne-Sophie Stamane

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