Prix des lunettes Ça ne baisse pas franchement !

Prix des lunettes

Ça ne baisse pas franchement !

Publié le : 13/12/2018 

Une étude sur l’évolution du prix des lunettes depuis le durcissement des règles de remboursement montre que la baisse n’est pas vraiment au rendez-vous.

 

Le prix élevé des lunettes est une particularité bien française, longtemps favorisée par la généreuse prise en charge des complémentaires santé. L'instauration de plafonds de remboursement, à partir d’avril 2015, a-t-elle changé la donne ? Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée la semaine dernière montre que l’impact sur le coût n’est pas flagrant. On constate même un recul des équipements les moins chers : pour les corrections simples (myopie, astigmatisme, hypermétropie), la part des lunettes facturées entre 25 et 224 € a baissé, passant de 26 % en 2010 à 17 % en 2017. La tendance est la même pour les verres progressifs : en 2010, les lunettes vendues moins de 400 € représentaient 18 % des ventes, chiffre tombé à 14 % en 2017.

La mise en place de plafonds a en réalité conduit à une concentration des prix autour des montants maximaux de prise en charge par les complémentaires santé, soit un niveau de prix assez élevé : 470 € pour les verres unifocaux, 750 € pour les verres progressifs, une somme incluant dans les deux cas un forfait de 150 € pour la monture. Les équipements de prix supérieurs aux plafonds se vendent un peu moins, mais à peine : le phénomène s’observe surtout pour les montures, moins pour les verres. Notons au passage que les équipements à prix discount, régulièrement mis en avant par les opticiens comme preuve de leur bonne volonté, n’apparaissent même pas dans les statistiques !

L’effet réel de la réglementation ne se ressent finalement que sur le nombre de lunettes de correction vendues. Et encore : avec un total de 12 millions en 2017, la baisse n’est que de 3 %. La mesure consistant à limiter le remboursement à un renouvellement tous les deux ans commence seulement à opérer : en 2017, la part des renouvellements avant deux ans s’élevait à 23,6 %, contre 28,1 % en 2016 et 34,6 % en 2014.

Anne-Sophie Stamane

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