SMS Saint-Valentin

Le bouquet de fleurs n’existait pas

Publié le : 16/02/2013 

« Chère Stéphanie, vous avez reçu des fleurs. Pour vous les livrer, veuillez appeler le 0899XXXXXX ». Jeudi dernier, jour de la Saint-Valentin, des centaines de femmes ont reçu ce message commençant par leur prénom. Nombreuses sont celles qui y ont cru et qui ont rappelé le numéro surtaxé indiqué. Résultat : point de fleurs, mais une facture de téléphone qui grimpe.

 

Le monde change. Désormais, lorsqu’un inconnu vous offre des fleurs, il le fait par SMS. C’est en tout cas ce qu’ont pu croire les femmes qui, jeudi dernier, jour de la Saint-Valentin, ont reçu sur leur téléphone un message leur indiquant qu’un bouquet les attendait et qu’il suffisait, pour qu’il leur soit livré, qu’elles appellent un numéro débutant par 0899. Intriguées, bon nombre d’entre elles ont composé le numéro indiqué. La plupart du temps, le serveur vocal sur lequel elles atterrissaient les mettait en attente. Certaines, visiblement, ont pu entrer leurs coordonnées et indiquer un horaire de livraison. Mais aucune n’a jamais vu la couleur d’une fleur.

Car derrière cette belle promesse à laquelle chacune voulait croire se cachait une arnaque au numéro surtaxé dont l’unique but était d’inciter un maximum de destinataires à composer le fameux numéro en 0899. Facturé à 1,34 € puis 35 centimes la minute, ces appels devaient permettre à l’éditeur à l’origine de ces messages d’engranger pas mal d’argent sur les dos des consommatrices.

Données privées aspirées sur Internet

Ce genre d’arnaque est fréquent mais avouons-le, ce SMS spécial Saint-Valentin était particulièrement redoutable. D’une part parce qu’il jouait sur la corde sensible des destinataires, d’autre part parce qu’il était particulièrement bien ciblé. Le message est arrivé principalement sur des téléphones détenus par des femmes et commençait parfois par le prénom de la titulaire de la ligne. L’éditeur à l’origine de l’escroquerie, basé sur l’île Maurice, a certainement aspiré les prénoms et les numéros de téléphone des victimes sur Internet. Peut-être sur le site Leboncoin. Sur un forum, une des victimes précise en effet que dans le SMS figurait son premier prénom qu’elle n’utilise que lorsqu’elle passe des petites annonces sur ce site.

Il ne faut jamais donner suite à ces « spams par SMS » si ce n’est les transférer depuis son mobile au 33700, la plate-forme de signalement gérée par les opérateurs. Dès qu’elle a eu connaissance de l’escroquerie, la société qui commercialise le numéro surtaxé en a coupé l’accès afin d’éviter que de nouvelles victimes ne dépensent de l’argent inutilement. Pour celles qui ont déjà appelé, c’est trop tard. Il leur sera difficile de récupérer les 2 ou 3 € qui viendront s’ajouter à leur prochaine facture de téléphone.