Soutien scolaire

Le point un an après notre banc d’essai

Publié le : 22/09/2015 

En nous faisant recruter par des organismes de soutien scolaire, nous avions pu, l’an dernier, mesurer le fossé séparant les organismes les plus sérieux des autres. Un constat que leur façon de procéder après la parution de notre enquête n’a fait que confirmer. 

 

Près de trois semaines après la rentrée, les premières notes commencent à tomber. Lorsqu’elles confirment des faiblesses dans une matière, la tentation est grande pour les parents d’avoir recours au soutien scolaire. Plus que tous leurs voisins européens, les Français pensent trouver dans les organismes privés une solution aux difficultés scolaires de leurs enfants. Ils y sont incités entre autres par le discours marketing de ces entreprises qui flirte trop souvent avec la tromperie. C’est ce que nous avions pu constater l’année dernière en nous faisant passer pour une personne souhaitant se faire recruter comme professeur particulier dans cinq organismes (Acadomia, Complétude, Anacours, Cours Legendre, Domicours). Quel gouffre entre les allégations – des professeurs formés, pédagogues avertis, au profil adapté à chaque enfant – et la réalité ! Et quel contraste entre les entreprises sérieuses dont l’entretien de recrutement permet de s’assurer de la compétence du candidat et celles qui se contentent d’un niveau moyen et de réponses vagues, quand elles ne procèdent pas par téléphone !

Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises. Alors que nous nous attendions à des réactions de la part des entreprises, seule Complétude, plutôt bien notée mais avec des lacunes concernant les langues étrangères, a appelé Que Choisir pour discuter des voies d’amélioration. L’organisme nous a fait part de sa décision de modifier sa façon de recruter pour l’enseignement des langues. À partir du printemps prochain, les candidats seront évalués sur le plan de la compréhension, et probablement de l’expression, orale. 

Quant aux cours Legendre, leur mode de fonctionnement nous a pour le moins surpris. Le PDG avait réagi à notre article, qui n’est donc pas passé inaperçu dans cette entreprise. Or étrangement, personne n’a donné la consigne de rayer notre nom des tablettes. Nous avons donc reçu de nombreuses propositions pour intervenir dans les familles. Plus grave, alors que nous avons systématiquement « fait le mort » à la réception de ces propositions envoyées par SMS, elles ont continué à tomber régulièrement jusqu’à cette rentrée. Conclusion : chez Legendre, un candidat qui n’est jamais disponible et qui ne se donne même pas la peine de répondre pour le signifier est considéré comme suffisamment sérieux et fiable pour qu’on lui confie des élèves à remettre en selle… Étonnant ! 

Fabienne Maleysson

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