Casques moto et scooter

Protection intégrale

Chaque année, près de 800 000 casques se vendent en France. Obligatoire, mais surtout vital, cet équipement de protection ne se choisit pas sur de simples critères esthétiques. La sécurité et le confort priment.

 

Le marché des deux-roues, scooters et motos, en croissance constante depuis 2004, dynamise les ventes de casques. Plus qu'un simple accessoire, le casque est la protection principale des usagers. Pourtant, cet achat est trop souvent conditionné par des considérations esthétiques (assortiment à la couleur du véhicule ou du blouson...). « Carrosserie du deux-roues », il s'achète neuf et en magasin. Il est indispensable de le « chausser » pour s'assurer que la forme du calotin correspond à la morphologie du crâne.

Aujourd'hui, les casques sont fabriqués en polycarbonate ou en fibre (verre, kevlar...). Si aucun de ces deux matériaux ne peut se prévaloir d'être plus sûr que l'autre, chacun d'eux a son point fort : le polycarbonate permet d'obtenir des casques d'un bon rapport qualité-prix tandis que la fibre, par sa relative légèreté, offre un confort supérieur. Contrairement aux affirmations des revendeurs, un casque moderne vieillit très bien au-delà de 5 ans. De la même façon, il est faux d'affirmer qu'un casque cher protège mieux. Le prix d'un casque est en partie conditionné par son design ou son confort, et non uniquement par le niveau de sécurité qu'il offre.

Quatre formes, deux protections

S'il se décline sous quatre formes (demi-jet, jet, intégral et modulable), le casque offre seulement deux niveaux de protection : partielle ou intégrale.

Court au niveau des joues et de la nuque, le demi-jet est la protection la plus légère proposée. Le jet, avec ou sans écran, est comme le demi-jet : il ne protège ni le visage ni le menton.

L'intégral est incontestablement le casque qui protège le mieux. Son port est donc plus que recommandé. Le modulable, avec sa mentonnière qui se relève, offre plus de souplesse d'usage. Il s'enfile comme un jet et facilite le port de lunettes. Cependant, la mentonnière mobile lui fait perdre une partie de ses capacités de protection en cas de choc. Faiblesse commune à ces deux derniers types de casque : leur poids. Intégral ou modulable, même le plus léger pèse sur les vertèbres cervicales de l'usager. Certains fabricants, soucieux du confort de leurs clients, affinent l'aérodynamisme de leur production pour limiter cet inconvénient.

Il faut la boucler

Depuis janvier 2006, un décret (no 2006-46, « Journal officiel » du 16 janvier 2006) impose que les casques soient attachés. Les boucles « automatiques » offrent l'avantage de s'ouvrir rapidement et facilement. Le système à double boucle est certes moins facile à manipuler avec des gants, mais il garantit un serrage optimal à chaque utilisation. La jugulaire sera de préférence gainée de velours ou de cuir. Les gainages en skaï se craquellent rapidement, générant des irritations de la peau. De la même façon, le revêtement intérieur ne doit pas être rêche au toucher. Si ce revêtement est démontable, son entretien sera facilité. Certains fabricants proposent des coussinets de joues de différentes épaisseurs pour ajuster le casque au visage.

Pas d'écran fumé

Au guidon, la vision est primordiale. Un écran clair s'impose donc, plutôt qu'un fumé. De rares fabricants proposent un demi-écran teinté amovible en complément de l'écran clair. Pour les autres, des lunettes de soleil permettent de gérer les différentes conditions de luminosité. Lors de l'achat, il est judicieux de demander au vendeur une démonstration du démontage de l'écran. Préférez ceux pour lesquels cette opération ne requiert pas d'outil. Les crans de position d'ouverture de l'écran doivent être assez fermes pour ne pas provoquer son ouverture ou sa fermeture intempestive sous l'effet de la vitesse. Attention, comme de nombreux « consommables », les écrans de remplacement peuvent être chers.

L'avenir est à la technologie

Les ventilations servent au désembuage de l'écran par temps frais et au rafraîchissement de la tête par forte chaleur. Rares sont celles qui sont réellement efficaces. De fait, de nombreux casques possèdent des écrans à revêtement anti-buée et la majorité des usagers roulent avec la visière en partie ouverte pour chasser la condensation ou se rafraîchir le visage, voire le crâne !

Alors que les premiers casques « communicants », équipés pour la téléphonie sans fil (Bluetooth...), pointent leur visière dans les boutiques, certains fabricants testent déjà des systèmes d'assistance à la conduite à lecture « tête haute » embarqués. Ils fournissent des informations (vitesse, direction...) directement sur l'écran du casque. Des technologies qui risquent de peser lourd sur les épaules !

Homologation

niveau de protection non précisé

Les casques disponibles sur le marché français doivent être homologués. Un marquage indélébile certifiant l'homologation, selon le règlement européen 22-05, doit être apposé sur une étiquette cousue, généralement sur la jugulaire.

L'homologation est indiquée par un cercle contenant la lettre E suivi d'un chiffre dépendant du pays d'homologation (E2 pour la France, E3 pour l'Italie...). Ce marquage est accompagné d'un numéro de série commençant par 05 (version actuelle du règlement européen). La lettre qui suit cette dernière mention précise le type du casque (J : casques sans mentonnière - jet et demi-jet ; P : protection minimale de la mâchoire - intégral et certains modulables ; NP : la protection maxillaire n'est pas intégrale - certains modulables et casques tout-terrain). Toutes ces indications sont certes utiles, mais il manque une précision de taille : un indice du niveau de protection de chaque casque pour les néophytes qui ne savent pas, par exemple, qu'un casque intégral protège bien mieux qu'un casque modulable.

Didier Ghacham