Eau

La fin du contrat entre Véolia et le Syndicat des Eaux d'Ile-de-France : 80 à 90 millions d'euros d'économie à réaliser

Publié le : 23/09/2008 

Dans la perspective de la fin du contrat de distribution d'eau, en 2011, entre le Syndicat des Eaux d'Ile-de-France (Sedif) et le groupe Veolia, l'UFC-Que Choisir estime que 80 à 90 millions d'euros peuvent être au minimum économisés sur ce contrat de 300 millions d'euros annuels qui concerne 4 millions de consommateurs franciliens.

L'UFC-Que Choisir a étudié les comptes détaillés que lui a remis le Sedif et a notamment comparé, pour chaque poste d'activité, les budgets déclarés par le syndicat avec les références de coûts issues de rapports publics ou professionnels.

Nos calculs font apparaître que le budget annuel de 300 millions d'euros peut être au minimum réduit de 80 à 90 millions d'euros, ce qui permettra d'alléger la facture des ménages franciliens.

Les sources d'économies principales se situent :

- Premièrement, au niveau de l'exploitation du réseau de distribution, où le budget du syndicat sur ce poste surpasse de façon bien trop importante les coûts de la réparation des fuites qui constitue le coeur de cette activité (30 à 40 millions d'euros d'économies).

- Deuxièmement, il apparaît que le profit officiel de Véolia sur ce contrat (38 millions d'euros annuels) devrait se situer à 20 millions d'euros et que 13 millions de rémunérations indirectes (frais de siège notamment) devraient être supprimées.

Munie de ce chiffrage, l'UFC-Que Choisir a adressé, début juin 2008, un courrier aux 144 maires du syndicat, qui devront se décider en décembre sur l'avenir du service, leur demandant de saisir l'occasion historique de cette fin de contrat pour ramener le prix de l'eau du Sedif à un niveau raisonnable.

Le syndicat devra aussi choisir entre la régie publique et la délégation à une entreprise. Dans la mesure où il n'existe pas de hiérarchie définitive entre les deux modes de gestion, l'UFC-Que Choisir ne prend pas position sur ce choix. Nous demandons tout de même que le projet de retour potentiel en régie soit étudié sérieusement car il permet au moins une concurrence de projets qui incite Véolia et Suez à proposer des offres moins couteuses. En cas de délégation à une entreprise, il est évident que l'époque des contrats de 30 ou 40 ans est révolue et qu'il faut limiter la durée d'engagement à 10 ans.

Enfin, dans le cadre de la réorganisation du Sedif et du service d'eau parisien, l'UFC-Que Choisir plaide pour un « Grand Paris de la production d'eau » qui consisterait à mutualiser les usines de production d'eau de Paris et de la petite couronne.

Comme l'a constaté la Cour des Comptes, les syndicats d'eau de ce territoire disposent de surcapacités injustifiées si on tient compte de la baisse de consommation structurelle. La mutualisation des usines permettrait de réaliser des économies substantielles pour le bénéfice des usagers franciliens.

N.B. : Retrouvez l'Etude sur la fin du contrat entre Veolia et le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (SEDIF) en cliquant ici !.