Le vote du Syndicat des Eaux d'Ile de France

Les 144 maires doivent en finir avec une facture abusive

Publié le : 10/12/2008 

A la veille du vote devant décider de la nouvelle organisation du Syndicat des Eaux d'Ile de France (SEDIF), l'UFC-Que Choisir rappelle ses constats et ses propositions aux 144 maires décisionnaires. Le contrat qui unit le SEDIF à Véolia depuis plus de 80 ans, et qui arrive à terme, a induit une facture d'eau démesurée pour les 4 millions de consommateurs franciliens. Il est aujourd'hui temps d'en finir.

L'UFC-Que Choisir a étudié les comptes détaillés que lui a remis le SEDIF et a notamment comparé, pour chaque poste d'activité, les budgets déclarés par le syndicat avec les références de coûts issues de rapports publics ou professionnels.

Ces calculs font apparaître que le budget annuel de 300 millions d'euros peut être au minimum réduit de 80 à 90 millions d'euros. En outre, l'étude commandée par le SEDIF conclut qu'il est possible de réaliser des économies allant de près de 30 millions d'euros, dans le cas d'un affermage à une entreprise, à plus de 50 millions d'euros dans le cas d'une régie publique.

Associative ou officielle, toutes les expertises convergent donc vers la possibilité d'une réduction substantielle de la facture d'eau des usagers franciliens.

Les 144 maires doivent se prononcer demain sur la proposition du bureau du syndicat qui avance une « régie intéressée » confiant tout le marché à une entreprise pour une durée de 10 à 15 ans.

Le 2 décembre, la commission consultative des services publics locaux du SEDIF, composée de 7 élus et de 6 associations de consommateurs, a voté un avis défavorable envers cette proposition du bureau.

L'UFC-Que Choisir ne prend pas parti quant au choix entre la régie et la délégation à une entreprise. Nous demandons tout de même que le projet de retour potentiel en régie soit étudié sérieusement car il peut s'agir de la meilleure option et qu'il permet au moins une concurrence de projets qui incite Véolia et Suez à proposer des offres moins couteuses.

Si le syndicat opte pour le recours à une entreprise, il faut limiter à l'évidence la durée d'engagement à 10 ans. Il faut aussi subdiviser le contrat en plusieurs lots fonctionnels (production, canalisation, gestion des abonnés) afin que la concurrence soit plus effective. En effet, par cette subdivision, de nouvelles entreprises pourraient postuler sur certains lots notamment pour les canalisations.

Au mois de juin, l'UFC-Que Choisir a remis son étude à l'ensemble des 144 maires. Depuis, les associations locales franciliennes de l'UFC-Que Choisir ont mené campagne et ont rencontré 26 maires.

En tout état de cause, l'UFC-Que Choisir ne pourra pas accepter la reconduite à l'identique d'un contrat aussi défavorable envers les consommateurs.