Collections

Pratiques opaques

Publié le : 21/04/2012 

Vendues chez les marchands de journaux ou directement par correspondance, les collections de toutes sortes (figurines, CD, DVD, fiches, ouvrages…) n’annoncent jamais leur coût total pour le collectionneur. Une pratique commerciale trompeuse, pour le secrétaire d’État à la Consommation. La Répression des fraudes a ouvert une enquête.

 

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Qui ne s’est pas laissé tenter un jour par une offre publicitaire pour démarrer une collection hors du commun. Exemples : les CD des grandes figures du rock ou des grandes divas de l’opéra, les DVD des meilleurs films comiques, les fiches des spécialités culinaires des régions de France, les trésors de l’Égypte ancienne… Que la collection soit vendue chez les marchands de journaux ou directement par correspondance, le système est bien huilé. D’abord, le premier numéro ou la première figurine est toujours proposé à un prix défiant toute concurrence et annoncé à grand renfort de publicité à la télévision ou dans les magazines à grand tirage. Le prix avantageux des deux ou trois numéros suivants et la promesse de cadeaux « exclusifs » ont ensuite pour mission de transformer l’acheteur d’un jour en collectionneur fidèle. Pour rassurer le client, les éditeurs de ces collections (Atlas, Altaya…) garantissent qu’il n’y a aucune obligation d’acheter autre chose, pas d’adhésion à un club et la possibilité d’interrompre la collection à tout moment.

Le hic, c’est que si l’intéressé sait quand la collection commence, il ne sait jamais quand elle s’arrête. Parfois prématurément, faute d’acheteurs, mais elle peut aussi s’éterniser si le thème rencontre le succès. Parce que justement les offres publicitaires à la souscription de ces collections ne mentionnent jamais le coût total de la collection, le Réseau anti-arnaques, dont fait partie l’UFC-Que Choisir, avait saisi par le biais d’une question de parlementaire en avril 2011 Frédéric Lefebvre, secrétaire d’État chargé de la Consommation. Ce dernier vient d’apporter une réponse détaillée : ces pratiques, précise-t-il, « ne respectent pas la réglementation en matière d’information des consommateurs sur les prix et sont susceptibles de constituer une pratique commerciale trompeuse ». Voilà qui devrait amener les éditeurs de ces collections à être plus transparents dans leurs offres, d’autant que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) s’est saisie du problème et confirme avoir programmé une enquête nationale sur le sujet.

Jean-Paul Geai