Cosmétiques

Le bio pas toujours nickel

Publié le : 10/03/2009 

Face au succès des produits bio présentés comme sans conservateurs, les autorités ont contrôlé l'étiquetage, la composition et la qualité microbiologique de 28 produits. Les résultats sont plutôt bons, même si certains fabricants n'hésitent pas à prendre des libertés en matière d'étiquetage.

 

Les dangers potentiels de certains conservateurs utilisés dans les cosmétiques classiques ont fait exploser les ventes de produits bio, avec ou sans label, qui s'interdisent nombre de conservateurs comme les très médiatiques parabènes et phénoxyéthanol. Une enquête réalisée en 2008 par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) montre cependant que certains de ces produits ne sont pas au-dessus de tout soupçon. Sur les 28 passés au crible en laboratoire, six censés être exempts de parabènes présentaient des traces de méthylparabène, à hauteur de 0,01 à 0,04 %. Un autre, vanté comme totalement dénué de conservateurs, en contenait un peu sous forme de sels d'acide benzoïque ou d'acide sorbique, mais les teneurs relevées étaient de « 20 à 60 fois plus faibles que les limites autorisées par la réglementation », souligne le communiqué. Dans tous les cas, les quantités détectées étaient anecdotiques et la présence de conservateurs pourrait s'expliquer par une utilisation dans les matières premières sans but de conservation du produit fini. Au point que la DGCCRF n'a pas pu « conclure à l'existence d'une pratique trompeuse délibérée » de la part des fabricants. Ces données vont dans le sens de notre test publié en septembre 2008, qui avait montré que des crèmes « bio » pouvaient présenter des traces de méthylparabène et de phénoxyéthanol.

Dérive en matière d'étiquetage

Du point de vue de la qualité microbiologique, les analyses de l'Afssaps et de la DGCCRF se sont également révélées rassurantes : limiter la présence de conservateurs ne se traduit pas par un risque accru de contamination bactérienne. Deux exceptions : un produit a dû être retiré du marché (H2 biO Hygiène Intime de la société H2O), et un second, dont la composition ne suffisait pas à garantir une protection microbienne pendant la durée prévisible de son utilisation, a fait l'objet d'une remarque de la part de l'Afssaps.

Au final, la DGCCRF s'inquiète surtout d'une dérive en matière d'étiquetage. Certains fabricants mettent en avant « l'absence d'un conservateur particulier, alors même que le produit en contient d'autres ». Cette pratique, souligne l'instance, aboutit à une désinformation du consommateur qui pourrait l'induire en erreur sur la composition réelle du produit.

Anne-Sophie Stamane