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Frelons asiatiquesComment les piéger en respectant la biodiversité

AS

par Anne-Sophie Stamane

Des municipalités appellent à la mobilisation citoyenne contre le frelon asiatique et fournissent des pièges pour stopper les fondatrices avant qu’elles ne fassent leurs nids définitifs. Faut-il s’équiper ? Pourquoi pas, mais pas n’importe comment.

L’essentiel

  • Depuis 2005, le frelon à pattes jaunes dit « asiatique », accidentellement importé sur notre territoire, se développe de façon exponentielle et participe, avec les pesticides agricoles, à l’effondrement des populations d’abeilles et d’autres pollinisateurs.
  • Le plan national Frelon se base sur la destruction ponctuelle des nids et le piégeage des fondatrices, au printemps.
  • Le piégeage s’organise en priorité à proximité des ruches via des réseaux organisés, mais des municipalités sollicitent aussi les particuliers, en fonction de la présence passée des frelons sur la commune.

Avec des températures clémentes, le printemps a fait une percée précoce. L’éclosion des fleurs sur les arbres fournit les conditions idéales pour les premières sorties des insectes pollinisateurs. Mais aussi des frelons à pattes jaunes, dits « asiatiques », dont les fondatrices, fécondées l’année dernière, sortent de leur léthargie hivernale, bien décidées à se reproduire, avant de jeter leur dévolu sur les ruches d’abeilles des alentours.

C’est le moment idéal pour les attraper, car elles n’en sont qu’au stade du nid primaire, et n’ont pas encore mené à bien le développement des futures ouvrières de la colonie définitive. Le plan national Frelon, sous l’égide des Groupements de défense sanitaire (GDS France) et de Fredon France, réseau de lutte contre les risques phytosanitaires, préconise d’agir en mobilisant en priorité les réseaux communaux de piégeurs avertis. La démarche relève donc avant tout des apiculteurs. Mais en fonction du nombre de nids détruits l’année dernière, des municipalités en appellent aussi aux particuliers, et distribuent des pièges afin de désamorcer au plus tôt l’essor des populations estivales de frelons asiatiques. Renseignez-vous auprès de votre commune.

« Préserver les autres insectes pollinisateurs »

Même s’il est préférable de rester dans un cadre collectif organisé, nombreux sont les foyers qui installent leurs propres pièges. Mais attention, il ne faut pas faire n’importe quoi. Le dispositif doit être à la fois « très attractif, car pour empêcher un nid ou deux, il faut attraper des dizaines de frelons, et très sélectif, car il est capital de préserver les autres insectes pollinisateurs », indique David Philippart, référent national « frelon asiatique » au sein du réseau Fredon. Oubliez la bouteille d’eau en plastique coupée en deux, goulot retourné en guise d’entonnoir, et autres capuchons à placer sur un bocal, avec un mélange de bière, vin blanc et sirop de fruit dans le fond : tous les insectes risquent de s’y noyer, « c’est terrible pour la biodiversité », souligne David Philippart.

Deux types de pièges seulement ont été répertoriés comme suffisamment sélectifs et efficaces pour attraper les fondatrices de frelon asiatique : le piège japonais dit « Osaka » et le piège coréen BeeVital, tous deux assez imposants, coûteux (40 à 50 € pièce) et souvent indisponibles en dehors des réseaux de piégeurs. David Philippart cite une troisième possibilité moins onéreuse, le piège Good4Bees. Nouveau venu dans l’arsenal de la lutte contre les frelons asiatiques, il n’a pas encore été évalué au niveau national, mais il semble qu’au moins, il soit « suffisamment sélectif pour ne pas nuire aux autres insectes ».

Les pièges japonais, coréen et Good4Bees (de gauche à droite).

Concrètement, les pièges doivent être en place de mi-mars à mi-mai, associés à un appât adapté. L’idéal est de les installer en hauteur dans un arbre en fleurs, en pleine lumière. Une fois que des frelons ont été capturés, il n’est pas nécessaire de les évacuer, au contraire : ils dégagent des hormones qui attireront leurs congénères.

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Anne-Sophie Stamane

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