Livre numérique

Prix unique mais pas en baisse

Publié le : 17/02/2011 

Les distributeurs français devront bientôt vendre les livres numériques à un tarif unique fixé par l’éditeur, comme c’est le cas pour les ouvrages papier. Cette mesure ne changera probablement rien aux tarifs, « naturellement » fixés par le jeu de la concurrence. L’espoir d’une baisse des prix vient plutôt de la TVA, qui passera de 19,6 % à 5,5 % au 1er janvier 2012.

 

Trente ans après son entrée en vigueur, la loi Lang, qui a instauré le prix unique du livre en France, fait des émules. Désormais, les livres numériques seront, eux aussi, vendus à un prix unique fixé par l’éditeur. Ainsi en a décidé l’Assemblée nationale en adoptant mardi soir une proposition de loi en ce sens. Les députés ont toutefois pris le contrepied des sénateurs, qui s’étaient déjà prononcés en faveur du texte à l’automne dernier. Le texte voté cette semaine exclut en effet les distributeurs étrangers du champ d’application de la loi (article 3). Autrement dit, la Fnac sera tenue de respecter le prix fixé par l’éditeur, mais pas Apple, dont le siège est en Californie, ni Amazon, basé à Seattle. Éditeurs et diffuseurs français crient à la concurrence déloyale : ils craignent que ces plateformes de premier rang en profitent pour casser les prix. Ce qui ne déplairait pas forcément au consommateur ! Difficile toutefois d’imaginer qu’Apple ou Amazon braderont les livres quand il suffirait de les vendre juste un peu moins cher pour s’attirer les faveurs des clients. Ce point devrait toutefois faire l’objet de débats houleux lors de la Commission mixte paritaire, qui doit encore se réunir pour finaliser le texte de loi.

Une TVA réduite dès 2012

En attendant, c’est une autre disposition qui entrera en vigueur dès le 1er janvier 2012. La loi de finances 2011 prévoit en effet qu’à partir de cette date, le livre numérique bénéficiera d’un taux de TVA réduit à 5,5 %, comme le livre papier, et non plus à 19,6 %. En toute logique, le prix des livres numériques devrait alors baisser sensiblement. Du moins si les distributeurs jouent le jeu, et c’est dans leur intérêt. Aujourd’hui, leur développement se heurte à l’incompréhension des consommateurs. Pourquoi donc les livres numériques sont-ils vendus quasiment au même prix que leur version papier (10 à 15 % moins cher en moyenne), alors même qu’ils ne génèrent plus de coûts d’impression, de stockage, de pilonnage ? Certes, la numérisation des œuvres induit des coûts invisibles (stockage informatique, par exemple). Mais une baisse visible des prix contribuerait sans doute à faire peser le numérique plus lourd. Il ne représente aujourd’hui qu’entre 1 et 1,5 % du marché de l’édition.

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Camille Gruhier