par Rosine Maiolo
par Rosine Maiolo
Conçue pour sécuriser les loyers et accompagner ses bénéficiaires dans leur parcours logement, la garantie Visale protège les bailleurs contre les impayés tout en facilitant l’accès à la location pour les locataires éligibles. Dix ans après son lancement, le dispositif, pourtant gratuit, reste largement sous-utilisé. Quelques évolutions entrées en vigueur en janvier 2026 en modifient les contours.
Que vous soyez propriétaire ou locataire, la garantie « Visa pour le logement et l’emploi », appelée Visale, mérite l’attention. Lancé en 2016, ce dispositif de cautionnement est entièrement gratuit pour ses bénéficiaires. Il est financé par les cotisations versées par les entreprises du secteur privé à Action Logement et vise à sécuriser la relation locative, sans coût ni pour le bailleur, ni pour le locataire.
La garantie a été pensée pour répondre à un double objectif :
Près de 10 ans après son lancement, plus de 1,9 million de ménages ont déjà pu en profiter. Depuis le 6 janvier 2026, certaines de ses modalités ont évolué, afin de mieux adapter la garantie aux réalités actuelles du marché locatif et aux spécificités territoriales.
Bon à savoir pour pouvoir bénéficier de la garantie, le bail doit impérativement être signé après la signature du contrat de cautionnement Visale par le propriétaire ; aucune garantie ne peut être accordée a posteriori.
Visale n’est ni une aide financière, ni une assurance loyers impayés classique. Il s’agit d’un dispositif de cautionnement : Action Logement se porte garant du locataire auprès du bailleur, de la même manière qu’un garant physique (parent, proche).
Concrètement, en cas d’impayés de loyers ou de charges, ou de dégradations locatives, l’organisme avance les sommes dues au bailleur, puis se charge lui-même du recouvrement auprès du locataire. Le propriétaire est indemnisé sans franchise ni délai de carence, à condition de respecter strictement les règles du dispositif.
Initialement centrée sur les salariés entrant dans l’emploi, la garantie Visale s’adresse aujourd’hui à des profils de locataires plus diversifiés.
Les jeunes âgés de 18 à 30 ans bénéficient d’une éligibilité particulièrement large : ils peuvent accéder à la garantie Visale sans conditions de ressources, quelle que soit leur situation. Sont notamment concernés :
Les salariés de plus de 30 ans peuvent également profiter de Visale, sous certaines conditions, ajustées en 2026. Sont éligibles :
Les locataires détenteurs d’un bail mobilité sont aussi dans le champ de la garantie Visale. Ce bail, conclu pour une durée de 1 à 10 mois, non renouvelable et non reconductible s’adresse aux personnes :
Bon à savoir À la suite d’une évolution insérée par la loi du 26 novembre 2025 pour les logements situés dans des résidences à vocation d’emploi (ensemble immobilier spécifiquement dédié à l'accueil des travailleurs en mobilité), la durée du bail mobilité peut dorénavant aller de 1 semaine à 18 mois. Un décret d’application est toutefois attendu.
Les travailleurs saisonniers, qui sont éligibles à Visale depuis 2024, viennent de voir leurs conditions d’accès assouplies. Désormais, un saisonnier est concerné par le dispositif quel que soit son lieu d’habitation, alors qu’auparavant sa résidence principale devait être située en dehors du bassin d’emploi de sa mission saisonnière. Les plafonds de loyers garantis sont par ailleurs alignés sur ceux applicables aux autres bénéficiaires de Visale.
Visale s’ouvre à la location intergénérationnelle solidaire. À titre expérimental, les actifs de moins de 30 ans et les alternants signant un contrat de cohabitation intergénérationnelle solidaire avec un propriétaire de plus de 60 ans peuvent profiter de la garantie, en partenariat avec le réseau Cohabilis (www.cohabilis.org).
Bon à savoir Un simulateur permet de vérifier rapidement si vous pouvez bénéficier de la garantie Visale, en fonction de votre situation personnelle et professionnelle : https://site.actionlogement.fr/eligibilite-visale/
La garantie Visale ne couvre pas tous les logements ni tous les niveaux de loyers. Pour pouvoir bénéficier du cautionnement, le logement, le bail et le montant du loyer doivent respecter des critères précis.
Pour être éligible à Visale, le logement doit :
Cela peut être un logement non conventionné ou conventionné avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah), appartenant à un propriétaire personne physique ou morale, en gestion directe ou déléguée via une agence.
Certains autres logements spécifiques sont aussi éligibles :
Autre évolution entrée en vigueur cette année : les plafonds de loyers garantis par Visale ont été rehaussés afin de mieux s’adapter à la localisation des logements. Auparavant, les maxima garantis étaient différenciés selon la localisation des logements en Île-de-France et sur le reste du territoire. Dorénavant, il est aussi tenu compte des spécificités des grandes agglomérations de plus de 100 000 habitants selon un découpage en 3 zones :
Selon la zone et le profil du locataire, Visale peut garantir un loyer, incluant les charges, compris entre 680 € et 1 940 €. Ces nouveaux plafonds s’appliquent à condition que le loyer retenu ne dépasse pas 50 % des ressources mensuelles du locataire, une règle de solvabilité qui reste requise pour obtenir la garantie.
| Tout locataire éligible | Étudiant | |
| Zone 1 | Jusqu’à 1 940 € | Forfait 1 000 € |
| Zone 2 | Jusqu’à 1 575 € | Forfait 840 € |
| Zone 3 | Jusqu’à 1 365 € | Forfait 680 € |
Bon à savoir Un simulateur en ligne permet de vérifier le montant maximal de loyer pouvant être garanti en fonction de la commune et de la situation du locataire : https://fo.visale.fr/?#/fr/public/simulateur
Le dispositif fonctionne en deux temps : la demande de visa par le locataire, puis la souscription du contrat de cautionnement par le bailleur, avant la signature du bail.
La démarche est toujours à l’initiative du locataire. Celui-ci doit effectuer une demande de visa Visale en ligne, idéalement avant même de commencer ses recherches de logement. Après la création de son espace personnel, il télécharge les justificatifs demandés et peut suivre l’avancement de son dossier directement en ligne. La demande est en général instruite en quelques jours par Action Logement.
Une fois validée, le locataire obtient un visa certifié, téléchargeable depuis son espace personnel qui précise le montant maximal de loyer charges comprises pouvant être garanti, ainsi que sa durée de validité :
Ce document peut être remis aux propriétaires ou aux agences immobilières lors des visites. Il constitue un véritable atout pour rassurer le bailleur et faciliter l’accès à la location.
Une fois que le bailleur a choisi son locataire, il doit activer la garantie. À son tour, il crée un espace personnel sur le site Visale et signe électroniquement le contrat de cautionnement. Le bail peut ensuite être signé entre le locataire et le bailleur.
L’activation doit intervenir avant la signature du bail, ou au plus tard le jour même. Aucune garantie ne peut être accordée si le bail est déjà signé.
Le bail doit :
En cas de non-respect de ces règles, le contrat de cautionnement peut être déclaré nul.
Bon à savoir La garantie Visale ne peut pas être mobilisée dans le cadre d’une location familiale. Le dispositif est exclu lorsque le bail est conclu entre un bailleur et ses ascendants ou descendants directs (parents, enfants, grands-parents).
La garantie Visale assure contre deux types de risques : les impayés de loyers et de charges, ainsi que certaines dégradations locatives constatées en fin de bail. Son périmètre est encadré et suppose le respect rigoureux des règles du dispositif par le bailleur.
En cas de défaillance du locataire, Action Logement prend en charge les loyers et charges impayés, dans la limite des plafonds prévus par le contrat de cautionnement. Le bailleur est indemnisé sans franchise ni délai de carence, à condition de déclarer l’impayé dans les délais impartis et de respecter la procédure prévue au bail (relances, mise en demeure, commandement de payer). Puis, Action Logement se charge des démarches amiables ou contentieuses de recouvrement auprès du locataire.
Jusqu’à présent, la garantie Visale pouvait couvrir les impayés pendant toute la durée d’occupation du logement. Depuis cette année, le périmètre de la couverture a été restreint. La garantie est désormais limitée aux 3 premières années d’occupation par le locataire. Sur cette période, Visale couvre jusqu’à 36 termes impayés mais à l’issue de cette période, la garantie prend fin, même si le locataire est toujours en place. Le dispositif prévoit la possibilité d’un nouveau cautionnement Visale, mais à condition que le locataire soit toujours éligible et qu’il effectue une nouvelle demande.
Présentée par Action Logement comme un moyen de préserver la gratuité du dispositif et d’en assurer la pérennité, cette évolution constitue néanmoins un recul pour les bailleurs, qui perdent une sécurisation automatique au-delà des 3 premières années d’occupation. L’organisme justifie ce choix par ses statistiques internes, selon lesquelles 96 % des baux garantis par Visale prennent fin avant 36 mois, et que la majorité des impayés intervient durant cette période.
Bon à savoir Les contrats de cautionnement Visale conclus avant le 6 janvier 2026 ne sont pas concernés par cette évolution : leurs conditions de durée demeurent inchangées.
Toutes les charges mensuelles récupérables auprès du locataire, ainsi que les taxes locatives mentionnées dans le bail et quittancées sous forme d’acomptes (provisions pour charges), sont prises en charge en cas d’impayés par Visale sur présentation de justificatifs. La régularisation annuelle des charges est également couverte dans les mêmes conditions.
Visale garantit aussi une partie des frais de remise en état en cas de dégradations imputables au locataire (trous dans les murs, porte endommagée, parquet rayé, etc.), constatées lors de l’état des lieux de sortie au cours des 3 premières années du bail.
La garantie est toutefois plafonnée et complémentaire : elle intervient après imputation du dépôt de garantie (sauf pour le bail mobilité pour lequel le dépôt de garantie n’est pas autorisé) et dans la limite d’un montant maximal équivalent à 2 mois de loyers et charges. Seules les dégradations caractérisées et justifiées (comparaison des états des lieux d’entrée et de sortie) peuvent donner lieu à indemnisation. En revanche, aucune indemnisation n’est possible en cas d’usure normale ou pour le nettoyage ou la désinsectisation du logement.
Rosine Maiolo
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