Réparation automobile

Il n’y a pas que les réseaux !

Publié le : 21/03/2011 

Dans le but de conserver l’entretien des voitures dans leur réseau, certains constructeurs n’hésitent pas à passer par des publicités discriminatoires. Quitte à être interdits d’antenne.

 

La cour d’appel de Versailles confirme l’interdiction d’antenne des campagnes publicitaires télévisées de Renault concernant l’entretien des véhicules de sa marque. Dans les deux spots concernés, l’automobiliste était accueilli par des réparateurs indépendants qui n’étaient manifestement pas au fait des technologies dernier cri utilisées par le constructeur. À savoir la carte d’accès et de démarrage mains libres (qui remplace la clé traditionnelle sur certains modèles de la marque au losange) et le frein de stationnement à commande électrique (un simple bouton remplace le levier de frein à main). Même si le second degré était largement de mise, le caractère dénigrant pour les réparateurs indépendants n’a pas échappé à la FEDA (Fédération des syndicats de la distribution automobile) ni à la FNAA (Fédération nationale de l’artisanat automobile). Ces dernières sont donc satisfaites de l’interdiction de diffusion de ces campagnes destinées à promouvoir le réseau du constructeur (chez un concessionnaire ou agent arborant le panneau de la marque) au détriment des réparateurs indépendants (centres autos, indépendants ou appartenant à un réseau indépendant).

Mauvaises pratiques

Car c’est bien là le fond du problème. Contrairement à ce que martèlent encore aujourd’hui de nombreux constructeurs, l’automobiliste a bel et bien le choix de faire entretenir sa voiture où bon lui semble. À la condition toutefois que ce soit fait chez un professionnel utilisant des pièces d’origine ou de qualité équivalente. Et cela quel que soit l’âge du véhicule, que la période de garantie soit en cours ou non. Un fait encore confirmé en juin 2010 dans le nouveau règlement européen (voir notre enquête). Pour autant, les mauvaises pratiques ont la vie dure. Ainsi, certains réparateurs affiliés à un constructeur n’hésitent pas à « mettre la pression » aux automobilistes qui effectuent l’entretien de leur véhicule en dehors du réseau du constructeur, les menaçant de la perte de la garantie. De même, certains réparateurs refusent parfois de travailler sur des véhicules achetés dans un autre établissement, bravant le règlement européen.

Espérons que suite à cette décision de justice, Renault fasse amende honorable et ne se pourvoit pas en cassation. Ce serait alors le premier signe d’une nouvelle ère pour un entretien automobile plus concurrencé et plus profitable aux automobilistes.

Yves Martin