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Traitement antiparkinsonienLe labo GSK encore condamné pour le Requip

AS

par Anne-Sophie Stamane

Responsable d’hypersexualité, d’achats compulsifs et d’addiction au jeu, l’antiparkinsonien Requip (ropinirole) a encore fait condamner son fabricant, GSK, pour défaut d’information par la justice française.

L’essentiel

  • La firme pharmaceutique GlaxoSmithKline a déjà été condamnée en 2012 pour n’avoir pas inscrit sur la notice de son antiparkinsonien Requip (ropirinole) les risques d’addiction aux jeux d’argent, d’hypersexualité et d’achats compulsifs.
  • Cette fois, même si la notice mentionne désormais ces effets indésirables, le tribunal de Nanterre sanctionne l’imprécision des avertissements.
  • 15 % des personnes sous agoniste de la dopamine, la famille dont fait partie le Requip, souffrent de troubles du contrôle des impulsions, et ils sont jusqu’à 3 fois plus fréquents chez celles atteintes de la maladie de Parkinson.

GlaxoSmithKline (GSK) ne peut pas se contenter d’évoquer en fin de paragraphe, et sans plus de détails, les possibles effets désinhibiteurs de son Requip (ropinirole), un agoniste dopaminergique qui, en soignant tremblements et raideurs liés à la maladie de Parkinson, peut aussi entraîner hypersexualité, addiction aux jeux et achats compulsifs. Le tribunal de Nanterre, dans un jugement rendu la semaine dernière dans le dossier de Stéphane Grange, une victime du médicament qui a porté son affaire en justice, estime que le laboratoire doit être plus explicite, et dire à quel point ces effets indésirables sont fréquents. La décision relève que les troubles du contrôle des impulsions surviennent chez 15 % des personnes sous agonistes dopaminergiques, et que chez les parkinsoniens traités, ils sont jusqu’à 3 fois plus fréquents. L’effet est plus courant chez les hommes, surtout s’ils sont jeunes. Et plus le traitement est long, plus le risque est élevé.

« Cette décision crée un précédent, souligne Sophie Maltet, l’avocate de Stéphane Grange, car elle établit que la présentation du médicament n’étant pas conforme aux connaissances scientifiques, il est défectueux pour défaut d’information. » Or, la défectuosité, qui caractérise au sens de la réglementation européenne un produit « n’offrant pas la sécurité à laquelle une personne peut légitimement s’attendre », engage la responsabilité du fabricant. À ce titre, le tribunal a accordé à la victime un dédommagement de 35 000 €.

Le laboratoire déjà condamné

Ce n’est pas la première fois que GSK a à répondre du Requip devant les juges. En 2012, les effets secondaires délétères du médicament ont déjà valu au géant pharmaceutique une lourde condamnation. Le tribunal a sanctionné l’absence totale de mention des troubles du contrôle des impulsions sur la notice, et les indemnités se sont montées, après procès en appel, à plus de 200 000 €.

Satisfaite que la responsabilité du fabricant soit de nouveau reconnue, Sophie Maltet regrette toutefois que le tribunal ne soit pas allé plus loin. « Nous demandions aussi que GSK, troisième plus gros laboratoire pharmaceutique au monde, soit financièrement sanctionné pour avoir laissé le médicament en circulation avec cette notice. Un litige individuel ne suffira pas à le faire plier. » Pour cette raison, il est possible que le dossier soit rejugé en appel.

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Anne-Sophie Stamane

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