Vin en primeur

ChateauOnline en redressement judiciaire

Publié le : 04/11/2013 

Le site ChateauOnline n’arrivait plus à faire face à ses clients qui demandaient à ce que leurs commandes de vin en primeur soient honorées. Il vient d’être placé en redressement judiciaire. Les victimes doivent se signaler auprès du mandataire judiciaire.

 

Après 1855.com, c’est au tour de ChateauOnline d’être mis en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris.

Spécialisée elle aussi dans la vente de vin sur Internet, cette société est contrôlée par Héraclès, nouvelle dénomination commerciale de 1855.com, elle-même placée en redressement judiciaire le 10 octobre dernier et contre laquelle l’UFC-Que Choisir a porté plainte.

Si ChateauOnline a, elle aussi, changé de dénomination pour s’appeler Arès, du nom du dieu de la guerre et de la destruction dans la mythologie grecque, ses pratiques ne différaient guère de celles de son aînée.

Elle proposait notamment aux amateurs de vins d’acheter des grands crus de bordeaux en primeur (des vins qui doivent rester encore 2 ou 3 ans en barrique), en bénéficiant d’un rabais de l’ordre de 30 %, permettant ainsi de profiter de bouteilles aux prix inabordables une fois qu’elles seraient mises sur le marché. Sauf que ChateauOnline, comme 1855.com, commercialise des vins en primeur sans les avoir réservés au préalable auprès des propriétés. Et quand le client demande, quelques années plus tard, que sa commande soit honorée, le site a bien du mal à fournir les grands crus commandés, faute de les avoir en stock, ou alors il doit les acheter au prix fort chez les négociants.

De nombreux clients se sont plaints de commandes de grands crus non honorées. Et dès mars 2013, Que Choisir mettait en garde, dénonçant un système qui visait à vendre des vins que la société ne possédait pas et n’était pas en mesure de fournir. « Une vente à découvert qui flirte avec l’illégalité », écrivions-nous.

Pas plus que 1855.com ChateauOnline n’a pu redresser la barre, incapable de servir les commandes, pourtant déjà payées, de ses clients. Le tribunal de commerce de Paris n’a pu que constater l’état de cessation de paiement de l’entreprise avant de prononcer sa mise en redressement judiciaire le 22 octobre dernier. Un mandataire judiciaire a été désigné pour recueillir les déclarations de créances correspondant aux commandes non livrées. Vous pouvez lui écrire (Maître Stéphane Gorrias, 15, rue de l’Hôtel-de-Ville, 92000 Neuilly-sur-Seine) ou, plus simple encore, déclarer votre créance par le biais du site Internet http://www.portailbtsg.eu/.

À souligner que la société Aphrodite, holding financier qui contrôle Héraclès, est également majoritaire dans CavePrivée, dont les pratiques sont tout aussi douteuses.

Jean-Paul Geai