Inflation des complémentaires santé De vraies solutions plutôt que des faux-procès

Inflation des complémentaires santé

De vraies solutions plutôt que des faux-procès

Publié le : 14/11/2018 

C’est à une passe d’armes affligeante à laquelle nous assistons entre le gouvernement et les complémentaires santé. Son objet ? L’effet sur les cotisations de la mise en place progressive, à partir de 2019, du reste-à-charge zéro (devenu 100 % santé) sur l’optique, le dentaire et l’audioprothèse.

 

D’un côté, la ministre de la santé qui tentait de rassurer les consommateurs en invoquant de prétendus engagements des mutuelles à ne pas répercuter cette réforme sur leurs tarifs. De l’autre, les organismes complémentaires, qui réfutaient avoir pris quelque engagement que ce soit, et affirmaient que rien ne pouvait être fait pour limiter l’inflation. Les consommateurs la ressentent pourtant durement, avec une hausse des primes de 47 % depuis 2006, pour atteindre 688 € par an et par personne, et beaucoup plus pour les seniors.

Le gouvernement feint donc ici d’ignorer une logique économique pourtant implacable : demander des remboursements supplémentaires, sur des postes de soins traditionnellement coûteux pour les organismes complémentaires, se traduira nécessairement par des cotisations en hausse. Sans remettre en cause les avancées de la réforme en termes d’accès aux soins, c’est un effet pervers que l’UFC-Que Choisir avait dès l’origine pointé, et signalé aux pouvoirs publics. C’est pour en limiter la portée que nous avions demandé au gouvernement d’agir fortement sur les surcoûts de ces soins. Il est notamment regrettable que notre demande de dissociation, lors de l’achat d’audioprothèses, entre le prix de l’appareil et le prix du suivi, ait finalement été abandonnée.

La bonne nouvelle, c’est que contrairement aux protestations des organismes complémentaires, l’inflation n’est pas inéluctable. Le gouvernement doit pour cela se saisir de nos propositions pour une concurrence vivifiée dans l’assurance santé : d’une part la publication par toutes les complémentaires santé de leur taux de redistribution des cotisations, d’autre part une réglementation contraignante pour une présentation claire et lisible des garanties.

C’est en remettant la concurrence au service des consommateurs que l’on pourra lutter efficacement contre l’inflation, et non par de vaines injonctions à des acteurs sur lesquels l’Etat n’a pas de prise directe…

 

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir