Préservation de la ressource aquatique Un Ministre sans retenue sur les retenues !

Préservation de la ressource aquatique

Un Ministre sans retenue sur les retenues !

Publié le : 24/07/2019 

Ah, avec la canicule et la sécheresse qui s’abattent sur le pays…  il n’y a pas que les vestes qui tombent… les masques aussi !

 

Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre le Ministre de l’Agriculture déclamer lors d’une interview un véritable  plaidoyer en faveur des « bassines », ces retenues d’eau artificielles, payées chèrement par les contribuables/consommateurs et trop souvent creusées pour permettre à quelques agriculteurs irrigants  de continuer au cœur de l’été d’arroser abondamment les cultures les plus gourmandes en eau…

Si les Assises de l’Eau, dont on a pu craindre qu’elles n’aient été organisées qu’aux seules fins de cautionner les bassines pour répondre à la demande de certains lobbys agricoles, se sont conclues sans que celles-ci ne soient sacralisées, bien au contraire dès lors que tout projet doit respecter des instructions ministérielles, il faut croire que le Ministre de l’Agriculture n’a pas lu les mêmes conclusions….

En effet, Didier Guillaume a affirmé à la radio avoir « obtenu lors des dernières assises de l’eau le fait que nous puissions à nouveau construire des retenues d’eau  (…) On ne peut regarder l’eau tomber pendant six mois et la chercher les six autres mois de l’année, donc les six mois où l’hiver l’eau tombe, il faut la collecter, il faut la stocker pour pouvoir après faire de l’irrigation. ».

Faut-il rappeler au Ministre de l’Agriculture que ces retenues d’eau entraînent inévitablement une baisse des quantités d’eau pour l’aval, ont des impacts sur la biodiversité et, surtout, sont financées avant tout par les consommateurs particuliers et non les quelques agriculteurs bénéficiaires ?

Faut-il également lui rappeler que si leur autorisation n’est pas rigoureusement encadrée et limitée ces bassines entretiennent alors un cercle vicieux où, faute de limiter les cultures nécessitant le plus d’eau, telles que le maïs irrigué qui a explosé en France ces dernières décennies, on aggrave la  fuite en avant consistant à utiliser plus d’eau que le milieu naturel n’en procure ! De même, présentées comme la panacée, les bassines ne sont pas non plus une source inépuisable surtout que le réchauffement climatique n’est pas qu’estival…

En matière de retenues, je ne peux donc qu’inviter le Ministre de l’Agriculture à en faire preuve de davantage ! 
 

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir