par Anne-Claire Poirier
Chauffage et eau chaudeLes bons gestes au quotidien
Avoir froid chez soi en hiver n’est pas une obligation… Quelques investissements malins et économiques, et surtout de bons réflexes au quotidien, peuvent vous permettre de vivre confortablement sans grever vos finances, tout en économisant les ressources de la planète.
Chauffez les pièces à la bonne température
Premier réflexe, assurez-vous que les radiateurs sont bien dégagés pour que l’air chaud circule correctement (pas de meuble devant, rien dessus) et pensez à les purger.
Savez-vous que baisser la température de 1 °C représente une économie de 7 % d’énergie pour le chauffage ? Si vous chauffez la pièce principale à 20 °C, tentez 19 °C (la température réglementairement « limitée » dans une copropriété dotée d’un chauffage central).
Dans la chambre, si vous n’y allez que pour dormir, une température de 16 ou 17 °C est considérée comme idéale la nuit (sachant que l’on dort mal dans une chambre surchauffée et qu’il existe des couettes et des couvertures « grand froid » très efficaces). Vous pouvez même décider de couper le chauffage, à cette réserve près : s’il fait très frais dehors, vous risquez de créer de la condensation, donc de l’humidité.
Il est superflu de chauffer en permanence les lieux qui ne sont utilisés que brièvement : salle de bains, toilettes, etc. Mais fermez bien les portes, pour ne pas refroidir les autres pièces !
Enfin, n’hésitez pas à réduire la température de 3 à 4 °C pour des absences supérieures à deux heures.

Ayez le réflexe cocooning
Durant l’hiver, pour empêcher les calories de s’échapper, ménagez-vous un nid douillet. Dans une pièce assez vaste ou mal isolée, notamment, vous pouvez sentir le froid en certains endroits, même quand le thermomètre indique la bonne température (on estime que le chauffage est insuffisant lorsqu’il ne permet pas d’atteindre 18 °C au centre de chaque pièce). Calfeutrez-vous !
- Fermez les portes des pièces chauffées et tirez bien rideaux et volets dès la nuit tombée.
- Si vos portes laissent passer l’air, notamment celles qui ouvrent sur l’extérieur, installer ou réinstaller des joins isolants n’est pas bien compliqué. En attendant, vous pouvez utiliser des « chiens » ou boudins de portes, qui bloquent les courants froids.
- Pour les plus frileux, n’hésitez pas à vous couvrir ! Offrez-vous de bonnes pantoufles. Pensez aussi au tee-shirt thermique, qui conserve la chaleur corporelle, et au foulard autour du cou (particulièrement en soie), voire investissez dans une robe d’intérieur, qui protégera aussi vos jambes. Rappelons que plusieurs couches de vêtements protègent mieux qu’une seule, fût-elle épaisse. Vous pouvez même cumuler avec un plaid quand vous demeurez assis. Ne laissez pas le froid vous gagner : couvrez-vous préventivement, dès que vous savez devoir demeurer immobile un certain temps.
Traquez l’humidité, un ennemi insidieux : l’air humide nécessite plus d’énergie que l’air sec pour être réchauffé.
De la bonne gestion de l’eau chaude sanitaire
Un mauvais réglage peut entraîner des surconsommations (sans parler des risques de brûlure). L’idéal est donc de définir une température de consigne autour de 60 °C, sans descendre en dessous de 55 °C, pour éviter tout risque de prolifération bactérienne dans les ballons et canalisations.
Pensez à détartrer (ou faire détartrer) la résistance de votre chauffe-eau électrique (si Engie conseille de le faire tous les un à trois ans, certains chauffagistes parlent plutôt de quatre à cinq ans). En effet, le dépôt de tartre sur les résistances allonge le temps de chauffage. Le détartrage régulier du ballon est également conseillé (y compris pour les autres types de chauffe-eau), même si l’impact sur la consommation d’énergie est moins flagrant. Il peut être nécessaire une fois par an si votre eau est très dure (c’est-à-dire très calcaire : l’information figure sur votre facture d’eau).
Bien sûr, votre consommation d’eau aura aussi un impact sur votre facture d’énergie… Faut-il rappeler qu’une douche consomme beaucoup moins qu’un bain, a fortiori si elle ne s’éternise pas ? Si de plus vous utilisez des équipements hydroéconomes (réducteurs de pression, mousseurs, pommes de douche économiques, etc.), vous limiterez encore votre consommation – ce dont la planète vous sera reconnaissante.
Et si vous avez un ballon, éteignez-le quand vous vous absentez plusieurs jours, pour qu’il ne chauffe pas inutilement.
Thermostats et vannes thermostatiques
Peu importe votre système de chauffage central, le thermostat d’ambiance est un allié incontournable. Placé de préférence dans la pièce principale, il commande le système de production de chaleur dans tout le logement. Une fois la température « de consigne » fixée, il pilotera chaudière ou pompe à chaleur pour atteindre cette température et la maintenir.
- Optez de préférence pour un thermostat programmable avec horloge intégrée, qui ajustera la température en fonction de vos besoins. Les thermostats connectés à une application installée sur votre smartphone permettent un contrôle à distance via ce dernier : pratique pour relancer le chauffage avant de rentrer chez vous ! Les plus récents sont même « apprenants » : ils détectent seuls votre routine et peuvent s’adapter à vos allées et venues (grâce à la géolocalisation de votre téléphone).
- Côté budget, comptez de quelques dizaines pour les plus simples à plusieurs centaines d’euros, mais l’investissement en vaut la peine : selon l’Ademe, vous pouvez économiser entre 10 et 20 % par an sur votre facture d’énergie.
Les vannes thermostatiques s’utilisent sans thermostat d’ambiance ou en complément. Elles s’installent directement sur chaque radiateur, permettant ainsi de choisir la température idéale pièce par pièce. Une fois celle-ci atteinte, la vanne coupe l’arrivée d’eau chaude, qu’elle rétablit si la pièce se refroidit. Si vous optez pour un modèle programmable ou connecté, veillez à ce qu’il n’y ait pas de conflit avec le thermostat (notamment dans la pièce où ce dernier est installé). Côté économies, on estime que ces vannes thermostatiques peuvent alléger votre facture d’énergie de 5 à 10 %.
Des radiateurs électriques pour un chauffage ponctuel peuvent aussi être programmés. Les nouveaux modèles sont généralement dotés d’un thermostat intégré, voire communicant. Vous pouvez également installer (ou faire installer) un programmateur. Il vous en coûtera quelques dizaines d’euros.
Calfeutrage, mon ami
Installer des volets et des rideaux épais (de type isolants thermiques) permet de diminuer jusqu’à 60 % la déperdition de chaleur par les fenêtres les soirs d’hiver, selon l’Ademe. À noter : plus l’espace entre la fenêtre et le rideau ou le volet est réduit, plus le dispositif est efficace.
Calorifuger les conduits de chauffage et d’eau chaude sanitaire qui traversent des zones non chauffées, comme le garage, la cave ou les faux-plafonds, est aussi assez simple à réaliser et permet de réduire les pertes de chaleur tout en préservant les installations du gel. Vous pouvez faire jusqu’à 10 % d’économies d’énergie en isolant les tuyaux avec des manchons en mousse, en fibres minérales ou des isolants biosourcés (laine et fibre de bois, chanvre). Il est également recommandé d’entourer le ballon d’eau chaude d’une housse isolante.
Bon à savoir Pour optimiser l’efficacité énergétique de votre habitation, l’isolation est la première étape à envisager, avant même de penser à changer de chaudière.
L’entretien de la chaudière, c’est impératif !
Une chaudière négligée peut consommer plus d’énergie, générer davantage de polluants et mettre votre sécurité en danger. Pour les chaudières fonctionnant au fioul, au gaz ou au bois, une révision annuelle est obligatoire, tandis que les pompes à chaleur nécessitent un contrôle tous les deux ans, en particulier pour vérifier l’état du circuit contenant le fluide frigorigène, qui est un puissant gaz à effet de serre. Les autres systèmes, comme les dispositifs solaires combinés, doivent aussi faire l’objet d’un entretien régulier, même s’il n’y a pas d’obligation légale. C’est à l’occupant de s’en charger pour une installation individuelle, au syndic pour une installation collective. N’oubliez pas de faire ramoner les conduits de fumée une fois par an par des experts qualifiés : c’est également une obligation légale !

Anne-Claire Poirier