par Anne-Claire Poirier
Comment se chaufferTout ce qu'il faut savoir sur le chauffage au gaz
Près de 40 % des Français utilisent encore le gaz pour se chauffer. Si la vente de chaudières à gaz est amenée à disparaître, il est encore possible, si la vôtre est ancienne, de vous équiper d’un modèle plus performant. Avant de faire ce choix, voici ce qu’il faut savoir.
Vers la fin du chauffage au gaz naturel ?
Le chauffage au gaz naturel (énergie fossile) a longtemps été une option économique et stable pour de nombreux foyers. Mais la guerre russo-ukrainienne et ses conséquences ont révélé les dangers de notre dépendance aux approvisionnements en gaz étranger. Et, malgré la mise en place de boucliers tarifaires par l’État français, le gaz, pour les ménages, a augmenté de plus de 20 % entre janvier 2022 et fin 2024. C’est un fait, même si les prix, mi-2025, étaient redescendus. Ajoutons à cela que le tarif réglementé du gaz a été supprimé le 1er juillet 2023 : le gaz n’est plus la source d’énergie économiquement fiable qu’il était.
Le gaz est une énergie fossile, donc, qui entre en contradiction avec les impératifs environnementaux (énergie non renouvelable, émission de CO2 et autres polluants climatiques). C’est pourquoi la France et l’Europe ont décidé de s’en passer progressivement. Depuis 2022, l’usage du chauffage au gaz a été peu à peu interdit dans les logements neufs. Une solution hybride est néanmoins encore admise, si le gaz est utilisé en complément d’une autre installation principale.
Dans les logements existants, il reste possible d’installer une nouvelle chaudière à gaz (même si le logement était précédemment chauffé avec une autre énergie). À savoir, cependant : en 2023, le gouvernement français a envisagé d’interdire l’installation de nouvelles chaudières au gaz avant de temporiser. Le ton est donné...
Le « biogaz » ou « biométhane » pourrait être une solution. Issu de la fermentation des déchets organiques, il est en progression pour des usages industriels et domestiques. Une fois purifié, il est injecté dans le réseau existant de distribution et peut alors être utilisé sans modification des équipements. Son empreinte carbone est réduite : selon les analyses de cycle de vie, il génère cinq fois moins de gaz à effet de serre que le gaz fossile. Sa place dans le mix énergétique dépendra des politiques publiques et des capacités de production (pour l’instant, il ne représente que 2,4 % du gaz injecté dans le réseau, et son développement ne connaît pas de progression spectaculaire – + 9 % entre 2022 et 2023).
Bon à savoir Depuis juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières au fioul est interdite. En plus d’être cher, le fioul est en effet une énergie fortement émettrice de gaz à effet de serre et de polluants nocifs pour la santé (oxydes d’azote…). Des aides existent pour remplacer votre chaudière, avec à la clé jusqu’à 50 % d’économies sur la facture d’énergie. Estimez vos aides sur le site www.france-renov.gouv.fr.
Une solution toutefois très confortable
- Le chauffage au gaz produit une chaleur qui se diffuse de manière homogène et instantanée.
- Son approvisionnement est assez fiable, car il n’est aucunement influencé par les conditions météorologiques, comme les panneaux solaires, par exemple. Les réseaux de gaz sont par ailleurs souterrains et donc également moins sujets aux aléas que les réseaux électriques.
- Le coût à l’achat d’une chaudière à gaz est intéressant (quelques milliers d’euros), et les rendements énergétiques sont très bons – à condition d’installer des modèles récents. Le label THPE (très haute performance énergétique) permet notamment d’identifier les meilleurs rendements énergétiques (plus de 92%).
- Généralement, le chauffage au gaz est jugé plus économique que le chauffage électrique, surtout pour les grandes surfaces.
- Rappelons que les chaudières à gaz peuvent également produire de l’eau chaude sanitaire, soit pour une utilisation instantanée, soit par accumulation dans un ballon.
- Moyennant un entretien annuel, les chaudières à gaz ont une longue durée de vie.

La chaudière basse température, l’entrée de gamme
- Là où les modèles anciens chauffent l’eau pour le circuit de chauffage autour de 90 °C, une chaudière basse température ne monte que jusqu’à 50 °C, voire en deçà, ce qui lui permet d’être plus économe en combustible. La chaudière basse température s’adapte au système de chauffage central existant. Elle risque de manquer d’efficacité dans des logements qui ne sont pas correctement isolés : il est dans ce cas conseillé de la coupler avec des équipements fonctionnant également à basse température, comme des radiateurs à chaleur douce ou des planchers chauffants.
- Ces prochaines années, certaines chaudières basse température au rendement insuffisant vont disparaître du marché. Seuls les modèles les plus performants resteront autorisés.
- Les tarifs varient selon le modèle et la marque. Comptez entre 3 000 et 6 000 euros en moyenne hors main-d’œuvre.
La chaudière à condensation, plus écologique
- Son principal atout est de récupérer la chaleur présente dans les fumées de combustion, ce qui lui permet d’afficher des rendements records, entre 90 et 110 %. Ce qui signifie qu’elle restitue autant, voire davantage d’énergie qu’elle n’en consomme (le rendement des anciennes chaudières oscille entre 50 et 70 %).
- Ces caractéristiques se traduisent par une moindre consommation de combustible et des économies d’énergie estimées autour de 20% (voire plus avec une chaudière THPE).
- Les chaudières à condensation peuvent alimenter des radiateurs classiques et « chaleur douce », ou encore un plancher chauffant.
- Le prix de ces modèles varie selon la marque et la puissance. Comptez entre 3 500 et 9 000 euros hors main-d’œuvre.
La chaudière à cogénération, un équipement trois-en-un
- La chaudière à gaz à cogénération ou micro-cogénération est une chaudière à condensation qui permet de produire du chauffage, de l’eau chaude sanitaire, mais aussi de l’électricité.
- Les vapeurs d’eau issues de la combustion entraînent un moteur Stirling, qui produit de l’électricité. Celle-ci peut être utilisée pour vos besoins ou revendue à EDF.
- Ce modèle est performant, avec un rendement supérieur à 115 % ! Mais cela reste un appareil utilisant des combustibles fossiles, raison pour laquelle son installation est déjà interdite dans les construction neuves. Si elle dispose d’atouts, la chaudière à cogénération reste un investissement très important. Comptez entre 10 000 et 25 000 euros pour un tel appareil.
La chaudière à ventouse
La chaudière à ventouse, également appelée chaudière à flux forcés, n’est pas un type de chaudière à proprement parler, mais un dispositif d’évacuation des fumées et d’alimentation en air spécifique. L’air indispensable à la combustion est aspiré dans le circuit par un conduit traversant un mur ou le toit (c’est là la seule contrainte du dispositif : il faut percer un trou pour la ventouse), tandis que les fumées sont expulsées à l’extérieur par un autre conduit, à l’aide d’un ventilateur. Cela élimine le risque de voir les gaz issus de la combustion pénétrer dans le logement. Son installation garantit un meilleur rendement du système de chauffage en raison d’une circulation de l’air accrue. La chaudière à ventouse n’a pas besoin de ramonage. Son entretien consiste juste à inspecter visuellement le conduit d’évacuation. Elle est généralement un peu plus chère à l’achat.
Fournisseurs de gaz : faites jouer la concurrence, avec prudence
Changer de fournisseur de gaz est possible à tout moment sans la moindre pénalité. N’hésitez pas à consulter le comparateur de tarifs gratuit de l’UFC-Que Choisir pour voir si changer de fournisseur vous permettrait de faire des économies. Un comparatif de fournisseurs de gaz vous renseigne, lui, sur les différents opérateurs (avis sur les offres et analyse juridique des contrats). Mais méfiez-vous du démarchage (par téléphone ou à domicile) et des publicités trop alléchantes : le marché est devenu instable, et les offres les plus séduisantes peuvent s’avérer piégeuses. Ainsi, les tarifs fixes sur plusieurs années se raréfient, et certains fournisseurs mettent en avant un prix avantageux du kilowattheure tout en surfacturant l’abonnement, par exemple.
Ne pas confondre entretien et ramonage

Si les deux doivent obligatoirement être effectués une fois par an, ils n’ont pas la même finalité.
- L’entretien sert à vérifier et à faire évaluer le rendement et les émissions de polluants tels que le monoxyde de carbone. Il est réalisé par des chauffagistes.
- Le ramonage mécanique et la vérification du conduit de fumée permettent de s’assurer que le conduit d’évacuation de la fumée n’est pas obstrué ni encrassé. Il est assuré par un professionnel du ramonage.
- Dans les deux cas, conservez les justificatifs pour l’assurance en cas de contrôle ou de sinistre.

Anne-Claire Poirier