Allégations nutritionnelles

Les députés européens nous feront-ils avaler n'importe quoi ?

Publié le : 12/05/2006 

Les députés européens vont-ils légitimer les sucettes "sans matières grasses", les lardons "riches en Oméga-3" ou encore le chocolat "source de calcium" ? Tel est l'enjeu de l'ultime réunion lundi 15 mai au Parlement européen de Strasbourg.

Avec la progression inquiétante du surpoids et de l'obésité (1), les consommateurs ont plus que jamais besoin d'informations fiables dans les publicités et sur les étiquettes. Mais oubliant les enjeux de santé publique, les firmes de l'industrie agro-alimentaire n'hésitent plus à affubler de prétendus bénéfices nutritionnels, leurs produits les plus gras ou les plus sucrés.

C'est pour moraliser ce maquis des allégations nutritionnelles, qu'un projet de Règlement européen introduit deux avancées majeures pour les consommateurs :

- l'interdiction des allégations pour les produits manifestement trop gras, trop sucrés ou trop salés,

- la validation des nouvelles allégations « santé » par des scientifiques indépendants avant leur utilisation sur un emballage ou dans une publicité.

Le bon sens et la santé des consommateurs voudraient que ces deux propositions soient retenues haut la main. Rien n'est moins sûr ... Convaincus par le lobbying de certains industriels, de nombreux parlementaires européens s'apprêtent à demander le retrait de ces deux dispositions lors de l'examen en deuxième - et dernière - lecture du Règlement. Les Eurodéputés devant arrêter leurs positions et les consignes de vote, la réunion prévue la veille du vote sera cruciale pour la santé des consommateurs.

Alain BAZOT, Président de l'UFC-Que Choisir et des militants de l'UFC-Que Choisir, seront donc lundi 15 mai devant le Parlement européen de Strasbourg, afin d'interpeller les députés sur les enjeux sanitaires et les conséquences de leur vote.

L'UFC-Que Choisir et les consommateurs français ne sont pas isolés dans cette mobilisation. Le BEUC (Bureau Européen des Unions de Consommateurs) regroupant outre notre association, trente-neuf organisations consuméristes de trente pays européens, partage les mêmes inquiétudes.

L'UFC-Que Choisir exhorte les députés à utiliser leur vote pour protéger la santé de leurs concitoyens et faire cesser cette instrumentalisation scandaleuse des allégations nutritionnelles et de santé à des fins commerciales !

(1) La France compte 5 millions de personnes souffrant de surpoids ou d'obésité, dont 19 % d'enfants entre 8 et 9 ans. Selon une enquête de la Caisse nationale d'assurance maladie, l'obésité est en augmentation de 5% chaque année.