Crédit à la consommation

Proposition de loi Marini : un premier coup d'arrêt au crédit revolving !

Publié le : 19/11/2008 

L'UFC-Que Choisir se félicite de la proposition de loi sur le crédit à la consommation et le surendettement que Philippe Marini, rapporteur général du budget au Sénat, a rendue publique aujourd'hui. L'UFC-Que Choisir appelle à l'examen en urgence de ce texte indispensable pour la sécurité financière des consommateurs.

Le matraquage publicitaire pour le crédit revolving et l'insistance des établissements de crédit à orienter les consommateurs vers ce type d'offre (en monopole sur tous les lieux de vente, sur les cartes de fidélité, et omniprésent sur Internet...) expliquent qu'aujourd'hui ce crédit dépasse le crédit affecté avec 22.5% de l'encours total.

Le crédit revolving est une réserve d'argent mise à la disposition du consommateur à un taux d'intérêt variable excessif (autour de 20%) qui se reconstitue au fil des remboursements. En survendant ce crédit au coût très élevé, sans vérification ni suivi de la situation de l'emprunteur, les établissements de crédit ainsi que les enseignes de la distribution contribuent à renforcer le malendettement des consommateurs.

Dans les cas les plus graves, le crédit revolving aggrave la situation des personnes surendettées. C'est ainsi qu'on recense en moyenne 6 crédits revolving dans 82% des dossiers de surendettement.

Ce dernier phénomène risque de s'amplifier si, dans un contexte de crise économique et sociale pesant sur le budget des ménages, rien n'est fait pour limiter la distribution effrénée du crédit revolving.

En encadrant davantage les conditions de publicité, en imposant la fourniture de pièces justifiant de la situation du consommateur, en responsabilisant le prêteur sur l'octroi excessif de crédit, en interdisant le crédit revolving dans les grandes surfaces ainsi que le démarchage, cette proposition de loi devrait permettre aux consommateurs d'accéder à des offres adaptées à leurs besoins (le crédit personnel ou le prêt affecté).

L'UFC-Que Choisir soutient sans réserve ces mesures concrètes qu'elle prône, elle-même, depuis plusieurs années. Reste désormais à ce qu'elles soient effectivement adoptées dans les plus brefs délais.

« Il faut mettre un coup d'arrêt au développement inconsidéré des crédits revolving qui ne sont rien d'autre que les prêts toxiques des consommateurs français » a déclaré à cette occasion Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir.