Prix de l'eau

Les mauvais comptes du Syndicat d'Ile de France

Publié le : 14/03/2006 

Le 9 mars, le Syndicat des eaux d'Ile de France (SEDIF) a critiqué l'étude que l'UFC-Que Choisir a consacrée au prix de l'eau. Notre étude fait apparaître que le prix facturé au consommateur situé sur le territoire du SEDIF est 2,5 fois plus important que son prix de revient, soit un taux de marge de 59 %.

L'UFC-Que Choisir constate la profonde indigence des critiques du SEDIF :

1- Notre étude retient un volume d'eau de 201 millions de mètres cube alors que le SEDIF se base sur un volume produit de 270 millions de mètres cube. Cet écart provient du fait que nous avons considéré la consommation résidentielle sur le territoire du syndicat en écartant, par exemple, les volumes vendus en gros aux entreprises et les volumes vendus hors territoire (qui ne concernent pas les usagers domestiques du SEDIF). Les coûts ont ensuite été calculés sur cette base afin de rester cohérents. Si nous avions intégré les volumes en gros, les coûts fixes auraient été amortis sur un volume plus important et le prix de revient aurait été plus bas. En d'autres termes, si on avait suivi le raisonnement proposé par le SEDIF, la surfacturation aurait été encore plus élevée !

2- Le SEDIF évalue à 3,6 centimes au mètre cube le coût de l'énergie contre 2 centimes pour notre étude. La belle affaire : dans ce cas le taux de marge passe de 59,6 % à 59,0 % !

3- Le SEDIF annonce un amortissement de 35 millions d'euros pour les ouvrages de production contre 8 millions pour notre étude. Contrairement à notre étude, le syndicat ne précise ni son taux d'endettement, ni son taux de subvention, ni sa durée d'amortissement, ni même la ventilation poste par poste. Cette technique éculée, qui consiste à jeter en pâture un grand chiffre « globalisant » d'investissement, témoigne de la grande opacité des comptes du syndicat.

4- Curieusement, le SEDIF n'apporte aucun commentaire relatif à l'amortissement du réseau de tuyaux qui représente pourtant le poste de coût le plus important.

Las de répondre à des critiques d'une grande pauvreté, Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir, « rappelle que les usagers ont droit à la transparence du prix de l'eau » et « juge bien peu opportuns les propos de Monsieur André Santini tentant de jeter le discrédit sur les études réalisées par son association, plutôt que de répondre à notre demande de rendre publique sa propre restitution détaillée des coûts » comme cela lui a été demandé par courrier du 8 février, ajoutant que « les franciliens sont fondés à considérer qu'ils sont victimes d'une surfacturation de leur consommation d'eau ».