Algues vertes

S'attaquer à la source

Publié le : 22/08/2009 

Il aura fallu attendre des années pour que l'État se penche enfin sur le problème des algues vertes qui envahissent certaines plages bretonnes. Si le responsable de cette pollution est connu, pour l'instant, seule la prise en charge du ramassage par l'État est mise en place.

 

Ramasser les algues vertes, c'est bien, mais éviter qu'elles n'apparaissent serait encore mieux. En déplacement jeudi matin sur la plage bretonne de Saint-Michel-en-Grève, le Premier ministre a annoncé que l'État prendrait à sa charge le nettoyage de certaines plages. Certes, François Fillon a également annoncé la mise en place d'ici 3 mois d'une mission regroupant les ministères de l'Agriculture, de la Santé et de l'Écologie pour « lutter contre la prolifération des algues vertes et proposer des solutions efficaces de ramassage et de protection de la population ».

Pourtant, le phénomène des algues vertes est loin d'être nouveau. « Que Choisir » avait sonné l'alarme dès 2004. Dans notre numéro d'été, nous avions fait part du désarroi d'habitants de Bretagne et d'associations écologistes face à ce phénomène. Nous expliquions déjà que la prolifération de ces algues était due au rejet massif de pesticides dans les eaux fluviales par les exploitations agricoles. Nous nous étions même interrogés sur la dangerosité des gaz émis par ces algues alors que les services sanitaires de l'État assuraient qu'elles n'avaient aucun effet négatif sur la santé.

Il aura fallu 5 ans, une condamnation de la France par la Commission européenne pour pollution des eaux et la mort d'un cheval cet été sur une plage des Côtes-d'Armor pour que l'État se penche enfin sur le sujet. Jeudi, l'Inéris, l'institut français spécialiste de la qualité de l'air, a publié un rapport reconnaissant que la décomposition des algues vertes émettait de l'hydrogène sulfuré, un gaz toxique lorsqu'on l'inhale et qui peut être mortel en seulement quelques minutes.

Il serait grand temps que l'État prenne des mesures concrètes afin de réduire les rejets de nitrate dans les cours d'eau. Malheureusement, on en est loin. L'élevage industriel hors sol reste prédominant en Bretagne. Quant au Grenelle de l'environnement, il a préféré laisser de côté le problème des engrais azotés, en partie responsables des marées vertes.