Aristophil

Questions autour de l’enquête préliminaire pour escroquerie

Publié le : 18/10/2014 

Leader européen de la vente de manuscrits en indivision, la société Aristophil dément l’ouverture d’une enquête préliminaire pour escroquerie annoncée par « Charlie Hebdo ». Elle fait par ailleurs l’objet d’une autre enquête en Belgique depuis plusieurs mois.

 

Selon « Charlie Hebdo » du 15 octobre, « le parquet de Paris a ouvert au printemps une enquête préliminaire sur le chef d’escroquerie pour vérifier les activités d’Aristophil », société spécialisée dans l’investissement dans des lettres et manuscrits anciens sur laquelle « Que Choisir » a déjà attiré l’attention de ses lecteurs.

Contactée, Aristophil affirme n’avoir eu connaissance d’aucune enquête. Contacté également, son distributeur et partenaire commercial exclusif, Finestim, s’est refusé à tout commentaire.

« Charlie Hebdo » ajoute que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est penchée sur Aristophil à partir de 2010. « Que Choisir » est en mesure de confirmer ce point, tout comme l’existence d’une enquête pour escroquerie menée par la police judiciaire belge. Le 19 avril 2013, par ailleurs, la cour administrative d’appel de Paris a confirmé la condamnation d’Aristophil à un redressement fiscal pour des actes de gestion datant de près de dix ans et concernant sa filiale luxembourgeoise, Artepoly’s.

La société Aristophil a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros, avec un résultat net de 18 millions d’euros. Compte tenu des commissions versées aux commerciaux, des frais fixes de la société et des impôts, ces chiffres indiquent qu’Aristophil affichait une rentabilité brute largement supérieure à 20 % en 2012. Pour l’année 2013, le site Infogreffe indique « comptes annuels non déposés ».

Aristophil maintient que plusieurs de ses indivisions ont connu une valorisation de 8 % par an, ce qui en fait sur une décennie des placements tout à fait exceptionnels, dont la valeur a plus que doublé en dix ans.

L’article de « Charlie Hebdo » annonce enfin que Gérard Lhéritier, PDG d’Aristophil, a gagné près de 170 millions d’euros au tirage de l’Euro Millions du 13 novembre 2012. L’intéressé dément. Un journaliste du quotidien « Nice Matin », qui avait rencontré le gagnant resté anonyme en 2013, ne dément ni ne confirme les assertions de « Charlie Hebdo ».

Erwan Seznec