Assurance vie à revenu garanti

Prudence

Publié le : 09/07/2009 

Un revenu minimum garanti à vie... C'est ce que vous font miroiter depuis quelques mois un certain nombre de compagnies d'assurance avec le lancement d'une nouvelle génération de contrats d'assurance vie destinés aux seniors. A étudier avec prudence avant toute souscription.

 

Qu'il s'agisse d'Accumulator Retraite (Axa France), d'Invest4Life (AGF-Allianz), ou encore de Terre d'avenir (La Mondiale), tous ces produits dits à « annuités variables », s'inspirent d'un même concept né aux Etats-Unis il y a une dizaine d'années. Destinés à un public d'assurés soucieux de profiter d'un complément de ressources au moment de leur retraite, sans pour autant subir les contraintes d'un produit viager classique (perte du capital), ces contrats fonctionnent comme n'importe quel multisupport. Ils sont récupérables à tout moment et soumis à la fiscalité avantageuse de l'assurance vie (y compris en phase de rentes). Seules différences : ils exigent une mise de départ importante (plusieurs dizaines de milliers d'euros) ; et lorsque l'assuré souscrit ce type de contrat, il contracte en même temps, obligatoirement, une (ou plusieurs) option(s) de garantie(s) complémentaire(s), qui constitue(nt) la pièce maîtresse du contrat.

Prélevés chaque année sur la valeur du contrat, les frais de garantie acquittés par l'assuré (de 0,5 à 3% en moyenne selon l'âge de l'assuré et son profil d'investissement), financent les instruments de couverture qui permettent à l'assureur de s'engager d'emblée à servir à vie un revenu, sur la base d'un rendement annuel minimal garanti (de 3 à 5% du capital investi selon les cas). Dans une première phase, sous réserve d'avoir respecté une période incompressible de différé (un à deux ans en général), les revenus distribués à l'assuré proviennent du rachat progressif du capital cumulé sur son contrat. Et si la valeur du contrat ne suffit pas, la garantie prend le relais.

Se méfier des slogans publicitaires

Très séduisante dans le principe, cette mécanique doit être bien comprise par l'assuré. Il doit avoir à l'esprit que les revenus qu'il touche sont issus de son capital et des intérêts qu'il génère : il s'agit de rachats et non de revenus « supplémentaires » comme le laissent entendre les slogans publicitaires. Quant à la bonification de ces rachats, elle n'est pas non plus automatique. Elle exige un contexte de marché suffisamment porteur à moyen terme (au moins 7 à 8% par an en moyenne selon certains actuaires). Et la capacité de l'assureur à monter et gérer une couverture financière solide, susceptible de tenir les promesses du contrat jusqu'au décès de l'assuré. L'an dernier, la débâcle boursière a conduit Axa à revoir à la baisse les garanties de ses gammes américaines d'annuités variables. Ce n'est pas forcément de bon augure pour leurs clones français !

Fiche technique

- Nature : Contrat d'assurance vie multisupport assorti d'un système de rachats progressifs et de garanties complémentaires annuelles

- Versement minimum : 30 000 euros

- Public visé : 45-75 ans

- Frais sur versement : 4,5% en moyenne

- Frais de gestion annuels : 0,98% en moyenne

- Coût de garantie des revenus futurs : de 0,4 % à 3% selon les contrats et l'âge de l'assuré

- Rendement minimum garanti à la souscription : de 3% à 5% selon les contrats et l'âge auquel on commence à toucher les revenus

- Revenu minimum garanti à 65 ans pour 50 000 euros investis à 50 ans : de 1 670 euros à 2 500 euros selon les contrats.