Assurance vie

Les règles à connaître

Après avoir longtemps été le produit d’épargne préféré des Français, l’assurance vie fait aujourd’hui moins recette… Avec la crise financière, elle apparaît moins sûre qu’avant. La réalité est plus compliquée. Si les assurances vie en unités de comptes présentent effectivement des risques, celles en euros sont beaucoup plus sécurisées.

 

Ce qui est communément appelé « assurance vie » en France est en réalité un double contrat d’assurance décès et d’assurance en cas de vie sur une durée unique. Les versements périodiques vont former un capital qui sera délivré à l’issue du contrat. Issue qui pourra être soit le décès de l’assuré, soit sa survie au terme d’un délai fixé dans le contrat.

Une épargne à long terme

Contrairement aux livrets réglementés (par exemple livret A ou livret de développement durable), l’assurance vie est adaptée pour se constituer un capital sur une période relativement longue en vue d’un événement (retraite ou succession, par exemple) ou d’un investissement (achat immobilier, par exemple). Il s’agit en effet d’un contrat permettant à la fois de faire fructifier des fonds et de bénéficier de la fiscalité avantageuse d’un produit d’assurance, notamment en matière de succession. À l’issue de la phase de versement, l’épargne peut être au choix versée en capital ou en rente.

Avec ou sans garantie de capital ?

L’épargne placée sur son assurance vie (par dépôt puis versements périodiques) peut être investie sur plusieurs supports. Il peut s’agir soit de contrats en euros (ou monosupports) investis en fonds euro, soit de contrats multisupports, qui comportent à la fois un fonds en euros et des unités de compte (ou UC) investies en majorité dans des fonds en actions ou en obligations. Les multisupports vont souvent afficher des taux de rendement plus intéressants. Mais attention, le capital investi sur la partie en unités de compte n’est pas garanti. Cela signifie qu’en cas de chute de la Bourse, vous pouvez perdre une partie de la somme placée, comme cela s’est produit par exemple en 2008 pour un certain nombre de contrats souscrits dans les années 2000. Seuls les épargnants aisés qui n’ont pas besoin de l’argent investi dans l’assurance vie pour vivre (c’est-à-dire indispensable à un projet précis : retraite, achat de la résidence principale, aide aux études des enfants, etc.) peuvent ainsi investir dans les multisupports.

Attention aux taux d’appel

De nombreux contrats d’assurance vie continuent d’afficher des taux très attractifs (entre 4 et 5 % début 2012). Attention : conçus pour appâter les nouveaux clients, ces taux ne sont garantis que sur une courte période. Après, le taux redevient celui applicable aux anciens clients. Il faut se montrer extrêmement vigilant. De nombreux contrats qui proposent des taux promotionnels la première année se retrouvent les années suivantes en dernière place du classement (ainsi certains contrats, qui ont garanti 5 % en 2009 pour les nouveaux clients, ont dans le même temps servi aux anciens seulement 3,5 %). En outre, certains contrats imposent la souscription d’un pourcentage minimum (entre 30 et 20 % selon les contrats) d’unités de compte. Elle n’est ni sécurisée ni couverte par le taux garanti.

À vérifier

Pour bien choisir un contrat, il faut donc impérativement vérifier les conditions particulières (pourcentage d’unités de comptes, placement minimum, conditions de sortie). Il est également indispensable de comparer les taux de rendement réellement servis sur le contrat les 4 dernières années à ceux d’autres contrats bien rémunérés du marché. Enfin, il faut s’enquérir des frais de gestion qui peuvent plomber la rentabilité (corrects autour de 0,5 %).

Élisa Oudin