Avertissement sur les boîtes de paracétamol Donnez votre avis !

Avertissement sur les boîtes de paracétamol

Donnez votre avis !

Publié le : 28/09/2018 

« Surdosage = danger pour le foie ». Tel est, en substance, le message que l’Agence du médicament (ANSM) entend apposer sur les boîtes de médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Efferalgan et autres). Pour connaître la meilleure façon de formuler cet avertissement, chacun d’entre nous est invité à s’exprimer.

 

À votre avis, que vaut-il mieux écrire : « Attention aux risques pour le foie en cas de surdosage » ou « Danger pour le foie si vous dépassez la dose maximale » ? C’est le genre de questions auxquelles chacun de nous, usager de soins, est invité à répondre. L’initiative a été prise par l’Agence du médicament (ANSM), soucieuse de formuler un message d’alerte compréhensible et visible sur les boîtes contenant du paracétamol. Le formulaire est à remplir directement en ligne sur ce lien.

Pourquoi un tel avertissement ?

L’enjeu est de taille. Le paracétamol est la substance active la plus vendue en France. Près de 200 spécialités en contiennent, seul ou associé à d’autres substances : Doliprane, Dafalgan, Efferalgan, marques génériques mais aussi différents traitements contre le rhume (Actifed Rhume Jour/Nuit et autres) ou des antidouleurs délivrés seulement sur ordonnance (Lamaline, Claradol Codéine, etc.). Les ventes de paracétamol ont progressé de 53 % en 10 ans, indique l’ANSM. Motifs de ce succès : la relative innocuité et la bonne tolérance de cette substance. Revers de ce succès : les patients et professionnels de santé ont un peu perdu de vue son principal inconvénient, sa toxicité pour le foie (hépatotoxicité).

En effet, le paracétamol est dégradé dans le foie. Lorsque les capacités de ce dernier sont dépassées, le paracétamol devient toxique et peut provoquer des dégâts irréversibles, voire mortels. L’abus de paracétamol est devenu la première cause de greffe de foie aiguë. Cela reste beaucoup plus rare que les greffes de foie à la suite de problèmes chroniques (excès d’alcool, hépatites virales). Mais le risque est suffisamment grave pour justifier l’apposition d’une mention systématique et en évidence sur l’emballage.

Pourquoi donner son avis ?

Dans ce contexte, la consultation mise en place par l’Agence du médicament est bienvenue. Elle permet non seulement de s’assurer de la lisibilité d’un message d’alerte mais aussi de sensibiliser les consommateurs aux risques de cette substance active. L’UFC-Que choisir y a répondu, en approuvant le principe de l’ajout d’un message d’alerte sur la face avant des boîtes avec la formulation suivante : « Surdosage = danger. Dépasser la dose maximale en paracétamol peut détruire le foie ». Malgré les apparences, le formulaire, disponible jusqu’au 30 septembre, est très rapide à remplir. De plus, il n’est pas nécessaire de répondre à toutes les questions pour le valider. Y participer s’inscrit dans une démarche de patient responsable.

Le surdosage, c’est quoi ?

Le surdosage consiste en la prise massive d’une grosse dose ou – et c’est plus pernicieux – en de petits dépassements réguliers. Pour éviter les dégâts, il est recommandé de ne pas dépasser 3 g par jour (par 24 h) en automédication pour un adulte. C’est la dose usuelle et généralement suffisante. C’est aussi la dose maximale pour certaines catégories de populations fragiles : personnes âgées, pesant moins de 50 kg, souffrant d’un problème au foie, d’une addiction à l’alcool, etc. Sur avis médical, cette dose peut, dans certains cas, être portée à 4 g/jour. Quoique écrites sur la notice, ces informations ne sont pas toujours évidentes. En particulier quand on prend plusieurs médicaments contenant du paracétamol. Lors de sa dernière enquête en pharmacie, l’UFC-Que Choisir avait montré que 1 pharmacien sur 4 conseillait des doses dangereuses (c’est-à-dire plus de 4 g par jour).

Perrine Vennetier