Bourse en ligne Spéculation, attention

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Spéculation, attention

Publié le : 10/04/2013 

Dans un communiqué commun, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) mettent en garde contre une vingtaine de sites basés à l’étranger proposant de spéculer sur les devises et les matières premières. À fuir à tout prix.

 

Ils s’appellent 4XP, Astonforex, Fxcast ou Instaforex. Ils promettent tous de gagner de l’argent vite et sans effort. Ils sont immatriculés dans les pays de l’Est, parfois à Londres (mais en général sans avoir le droit de démarcher au Royaume-Uni) ou encore à Chypre, État désormais célèbre dans l’Europe entière pour le sérieux de son secteur financier.

Dans un communiqué commun publié le 8 avril 2013 (1), l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) « mettent en garde » contre ces sites qui proposent « en France, sans y être autorisés, des investissements sur le marché des changes non régulé ».

Les chances réelles de gains pour un particulier sans expérience dans ce genre d’activité sont quasiment nulles. Les risques de perte, en revanche, sont considérables car ces sites autorisent les investissements avec effet de levier : vous pouvez miser 100 000 € avec 1 000 € de crédit, et vous pouvez perdre 5 000 €, 10 000 €, etc.

Petite variante à la spéculation ordinaire, certains de ces sites proposent ce qu’on appelle des options binaires. L’internaute est invité à prendre position sur une question bien tranchée avec un choix oui/non, d’où le nom d’option binaire. Par exemple : « le yen va monter d’ici 48 h contre le dollar ». Ludique en apparence, ces options binaires sont gérées dans la plus grande opacité par les sites en question. Il ne faut y souscrire à aucun prix. En cas de pertes, les voies de recours contre ces opérateurs, qui n’ont en général qu’une adresse et un numéro de téléphone en France, seraient très problématiques.

Pour terminer, une option binaire : « en 2014, l’AMF et l’ACP émettront un communiqué quasiment identique, seuls les noms des opérateurs ayant un peu changé. Oui/non ? » Le « oui », selon nous, part largement gagnant, car la volonté politique d’éradiquer ces acteurs sulfureux de la finance fait manifestement défaut dans un grand nombre d’États membres de l’Union européenne. Seule consolation, ils semblent pour le moment faire relativement peu de victimes en France.

(1) Disponible sur www.amf-france.org.

Erwan Seznec