Cancer du sein Le dépistage n’allège pas les traitements chirurgicaux

Cancer du sein

Le dépistage n’allège pas les traitements chirurgicaux

Publié le : 16/10/2017 

Une étude menée sur les opérations chirurgicales dans le cancer du sein montre que le dépistage organisé tel qu’il se pratique en France ne contribue pas à réduire le nombre d’ablations totales du sein.

 

Parmi les arguments utilisés pour « vendre » le dépistage organisé du cancer du sein, l’allégement des traitements figure en bonne place. Le dépistage éviterait par exemple, en détectant les tumeurs à un stade plus précoce, d’en arriver à retirer complètement le sein. Ce postulat est complètement remis en question par une étude parue ce mois-ci dans la revue médicale Médecine. En comparant le nombre de mastectomies avant et après la généralisation du dépistage organisé, les auteurs ont abouti à un constat éloquent : 8 ans après la généralisation du dépistage organisé, le nombre de mastectomies totales n’a pas diminué en France. Plus exactement, il reste parfaitement stable, avec un taux de 4 ablations totales pour 10 nouveaux cancers du sein, en 2000 comme en 2012. La généralisation du dépistage organisé est intervenue en 2004.

En élargissant le spectre de l’analyse à l’ensemble des interventions chirurgicales, y compris donc les tumorectomies « simples », l’étude établit même que le nombre d’opérations rapporté au nombre de cancers du sein a augmenté…

Ces chiffres confortent la nécessité d’un débat serein et transparent sur les bénéfices et les risques liés au dépistage du cancer du sein. C’est désormais certain, le dépistage entraîne des surdiagnostics et des surtraitements, n’allège pas les traitements et fait à peine baisser la mortalité par cancer du sein. Ces éléments devraient être portés à la connaissance de toutes les femmes, afin qu’elles puissent, en toute connaissance de cause, décider de l’opportunité de répondre à la convocation qui leur est adressée tous les 2 ans à partir de l’âge de 50 ans.

Anne-Sophie Stamane

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