Collecte des vieux appareils

La grande distribution renâcle

Publié le : 19/03/2010 

Sujet très à la mode il y a quelques années, la collecte des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) par la grande distribution fait beaucoup moins parler. Et pourtant, les conditions de reprise de ces vieux appareils ne sont toujours pas satisfaisantes.

 

La collecte des vieux appareils électriques et électroniques est-elle entrée dans les moeurs ? A écouter le bilan qu'en a dressé la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, fin février, la réponse est plutôt oui. La France a dépassé les objectifs fixés par la directive européenne en récupérant 5,7 kg par habitant en 2009 au lieu des 4 kg minimum imposés.

Mais, face au gisement réel des déchets électriques et électroniques, le bilan est moins flatteur. Entre réfrigérateurs, lave-linge, fours, téléviseurs, ordinateurs, perceuses, sèche-cheveux, grille-pain, téléphones portables, on jette en moyenne 15 kg par an et par habitant. Et malgré l'obligation de reprise « un pour un » qui leur incombe à l'achat d'un appareil, les magasins collectent peu. S'ils reprennent le vieux matériel à l'occasion des livraisons, ils ne font rien ou très peu sur le petit électroménager et les appareils qu'on emporte à l'achat. Au total, les distributeurs ne collectent qu'un tiers du total récupéré, les collectivités locales font l'essentiel du travail via leurs déchetteries.

Pour atteindre le nouvel objectif de 10 kg en 2014, il faut changer de braquet. Le nouveau cahier des charges des éco-organismes le prévoit avec la reprise « un pour zéro », autrement dit la possibilité pour un client de déposer son appareil usagé en magasin sans en acheter un neuf. L'ennui, c'est que l'État demande cette mise en place sans pour autant l'exiger de la grande distribution ! Aux clients d'insister...

Élisabeth Chesnais

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