Covid-19 Davantage de formes légères grâce au masque ?

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Davantage de formes légères grâce au masque ?

Publié le : 11/10/2020 

Le port du masque n’est pas une protection parfaite contre le Covid-19. Mais selon plusieurs travaux, il pourrait nous rendre service. Exposés à de petites doses de virus, nous serions plus disposés à développer des formes légères, voire asymptomatiques de la maladie.

 

Porter un masque chirurgical ou grand public est désormais un geste quotidien. Lorsqu’il est bien porté – en couvrant la bouche et le nez –, il évite qu’une personne atteinte du Covid-19 ne le transmette aux autres. Il filtre, en effet, la plupart des projections contaminantes. Dans une moindre mesure, moins bien démontrée, le masque protège aussi celui qui le porte. Cette stratégie n’est pas efficace à 100 %... mais cette imperfection pourrait bien nous être utile, suggèrent plusieurs travaux.

La protection partielle conférée par le masque provoquerait un phénomène similaire à la variolisation, ancêtre de la vaccination contre la variole. Elle consistait à prélever un peu de pus de personnes malades puis à l’inoculer à des personnes en bonne santé. Cette faible exposition provoquait une réponse immunitaire. De la même façon, en portant le masque, nous sommes confrontés à de petites quantités de coronavirus (1). Or, selon certains spécialistes, la sévérité de la maladie serait liée à la dose de virus reçue.

Mais qu’en est-il en pratique ? Selon une étude, menée chez le hamster doré (2), les animaux protégés par le masque sont moins à risque d’infection. Ceux qui tombent malades développent des formes moins sévères. Chez l’humain, des observations semblables ont été faites, notamment à bord d’un bateau de croisière confiné au large de l’Argentine. Le port du masque y a été systématisé, et 80 % des passagers infectés étaient asymptomatiques. En Suisse, une étude s’est intéressée à 3 casernes militaires dans les Alpes, confinées après la survenue de cas. Si les mesures barrières n’ont pas évité toute contamination, elles ont considérablement réduit le risque. Les cas positifs, eux, étaient rarement accompagnés de symptômes.

En attendant un hypothétique vaccin, le port du masque semble donc avoir son intérêt. À condition, tout de même, de l’utiliser correctement.

(1) “Facial Masking for Covid-19 — Potential for “Variolation” as We Await a Vaccine”, NEJM, 08/09/20.
(2) “Surgical Mask Partition Reduces the Risk of Noncontact Transmission in a Golden Syrian Hamster Model for Coronavirus Disease 2019 (COVID-19)”, Clinical Infectious Diseases, 30/05/20.

Audrey Vaugrente