Déserts médicaux

Le Sénat frappe fort

Publié le : 11/02/2013 

Le constat est désormais partagé : l’inégale répartition des médecins sur le territoire compromet l’accès aux soins. Un nouveau rapport sénatorial propose de ne plus conventionner les médecins qui s’installent en zone « surdotée ».

 

Ce n’est pas la première fois que cette proposition est mise sur la table. Dans un rapport rendu public jeudi 8 février 2013, le groupe de travail sur la présence médicale au sein de la Commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire du Sénat préconise, au vu de la situation catastrophique de certains territoires, de ne plus conventionner les médecins qui veulent s’installer dans les zones où ils sont déjà trop nombreux. En clair : ils pourraient, s’ils le souhaitent vraiment, continuer de visser leur plaque mais l’assurance maladie ne rembourserait pas du tout les patients. Or la prise en charge des consultations est un élément capital, en début de carrière, pour se constituer une clientèle. Ce n’est donc pas une remise en cause pure et dure de la liberté d’installation, mais la mesure aurait un effet dissuasif certain.

En ce sens, le rapport fait moins dans la nuance que l’UFC-Que Choisir, pour qui l’installation en zone « surdotée » est envisageable, à condition que le médecin s’engage à pratiquer les tarifs de l’assurance maladie. S’ajouterait, pour les spécialistes, l’obligation de passer les deux premières années de leur vie professionnelle dans les hôpitaux des départements où les manques sont les plus criants.

Une quinzaine d’autres pistes, plus incitatives, sont tracées dans le rapport : stage de médecine générale obligatoire pendant les études, transfert de tâches vers d’autres professionnels de santé, exercice regroupé, développement de la médecine salariée, promotion de la télémédecine, mobilisation des agences régionales de santé… Ces  propositions font l’unanimité, y compris du côté du ministère de la Santé, qui les a incluses dans son plan de lutte contre les déserts médicaux. Mais leur concrétisation nécessite de la bonne volonté et des financements, deux conditions qui ne sont pas toujours réunies.

Anne-Sophie Stamane