Fish pedicure

Bientôt règlementée

Publié le : 05/05/2013 

Se faire nettoyer les peaux mortes des pieds par des poissons, c’est très tendance mais pas sans risques, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Dans un avis, l’Anses recommande l’encadrement strict de la « fish pedicure », afin de prévenir les risques d’infection des utilisateurs et des professionnels.

 

En usage de longue date en Turquie, en Asie et au Moyen-Orient, la « fish pedicure » connaît un succès croissant dans d’autres pays, dont la France. De nombreux spas et autres instituts de beauté proposent ce type de soin. Les clients immergent leurs pieds dans des bacs où nagent de petits poissons sans dents (généralement de l’espèce Garra rufa) qui se régalent de nos squames, faisant ainsi une peau douce comme de la soie… En l’absence de réglementation spécifique pour ce type d’activité, le ministère de la Santé avait saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin d’évaluer les risques de transmission de maladies par le biais des poissons ou de l’eau. Au terme de cette étude, l’Agence conclut qu’il existe bien un risque potentiel, tout en soulignant le manque de données spécifiques sur la présence de micro-organismes pathogènes chez ces poissons.

Ce risque est probablement très faible, sauf pour certaines populations sensibles : diabétiques, immunodéprimés et usagers ayant des lésions cutanées aux pieds. Par ailleurs, la pratique de la « fish pedicure » peut attirer plus particulièrement les personnes présentant un épaississement de la peau (hyperkératose) susceptible d’être d’origine mycosique, qui présentent une sensibilité accrue aux infections et augmentent également le risque de contamination de l’eau. « En raison de la présence des poissons, il est impossible de maintenir une eau désinfectante dans les bacs utilisés pour la fish pedicure car cela les tuerait », remarque l’Anses. Bien qu’à ce jour, aucun cas d’infection liée à ce type de soin n’ait été documenté, l’Agence estime néanmoins nécessaire d’encadrer ces pratiques par une règlementation adaptée. Celle-ci devrait permettre notamment le contrôle et l’autosurveillance du fonctionnement des installations, de la qualité de l’eau des bacs et de l’hygiène générale de l’établissement. Elle devrait également instituer des procédures d’admission et d’hygiène pour les usagers et une information objective du public sur les dangers encourus lors de cette pratique.  Enfin, l’Anses rappelle la nécessité de prendre en compte la règlementation relative à la faune sauvage captive et l’obligation de traçabilité des lots et le contrôle sanitaire des poissons.

Florence Humbert