Médicaments

Des milliards qui se perdent

Publié le : 29/09/2012 

Consommation trop forte de médicaments, génériques trop peu utilisés, prix des molécules trop élevé : la France multiplie les tares en matière de médicaments. Selon la députée européenne Michèle Rivasi, des milliards d’euros pourraient être économisés.

 

Les médicaments pèsent trop lourd dans le budget de l’Assurance maladie. Après les professeurs Even et Debré, qui ont détaillé cette thèse dans leur dernier livre (Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux), c’est au tour de Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, de dérouler son constat. Selon elle, il faut d’abord blâmer les médecins, qui prescrivent trop, et pas toujours à bon escient. En France, 97 % des consultations se terminent par une ordonnance de médicaments, alors qu’aux Pays-Bas, c’est le cas de seulement 4 consultations sur 10.

Mais la surconsommation n’est pas la seule explication au surcoût des médicaments : la faible place des génériques y est également pour quelque chose. À quoi il faut ajouter le niveau anormalement élevé du prix des médicaments.

Prix des médicaments trop élevé

L’exemple du Plavix (clopidogrel), un médicament prescrit pour prévenir la formation de caillot dans le sang, est presque caricatural : une boîte coûte 37,11 €. Or le plus souvent, le Plavix peut être remplacé par de l’aspirine à moins de 3 € la boîte. L’économie est substantielle ! Quant à son générique, s’il est moins cher, il est tout de même facturé 26,09 €. En Italie, son prix est de 16 € ; en Angleterre, grâce à une procédure d’appel d’offre, il n’est vendu que 2,26 €, soit plus de 10 fois moins cher qu’en France.

Le mécanisme de fixation du prix des médicaments est défaillant, car il fait la part belle aux nouveaux produits, même quand ils n’apportent rien d’innovant, sous prétexte qu’ils ont coûté cher en investissement. Pour Michèle Rivasi, cet argument ne tient pas, la promotion mobilisant en réalité des budgets bien plus importants que la recherche et le développement. Il est donc temps de renverser la logique du système français. Et d’instaurer une vraie corrélation entre l’efficacité d’un médicament, son niveau de remboursement et son prix.

Anne-Sophie Stamane

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