Nutri-Score Des eurodéputés en « opération étiquetage »

Nutri-Score

Des eurodéputés en « opération étiquetage »

Publié le : 09/11/2019 

Autocollants multicolores à la main, un groupe de députés européens a arpenté les allées d’une grande surface de Bruxelles, jeudi 7 novembre 2019. Ils ont apposé ces vignettes porteuses d’une note Nutri-Score sur différents produits alimentaires en vente. Objectif de cette action menée à l’initiative de l’eurodéputée Michèle Rivasi (Verts) : soutenir l’initiative citoyenne européenne Pronutriscore lancée par l’UFC-Que Choisir et six autres associations de consommateurs.

 

Une pétition européenne officielle a été lancée en mai dernier par des associations de consommateurs de sept pays (Belgique, Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Pologne, Grèce et France). Elle demande à la Commission européenne « d’imposer l’étiquetage simplifié Nutri-Score sur les produits alimentaires » dans toute l’Union européenne (UE). L’objectif est d’atteindre 1 million de signatures au total dans l'UE d’ici le 8 mai 2020, dont un nombre plancher (attribué à chaque État membre) atteint dans au moins sept États. Si ces objectifs sont remplis, la Commission sera dans l’obligation d’étudier la question.
À l’heure actuelle, un peu plus de 76 000 personnes seulement ont signé (1), il est donc essentiel de continuer à mobiliser les citoyens européens.

D’où la « flash-mob » des cinq eurodéputés Michèle Rivasi, Benoît Biteau (Verts, France), Philippe Lamberts (Verts, Belgique), Biljana Borzan (S&D, Croatie) et Tilly Metz (Verts, Luxembourg) qui ont passé une partie du 7 novembre à coller des autocollants sur des pizzas, des céréales de petit déjeuner ou encore des biscuits, choisissant parmi les vignettes Nutri-Score la couleur correspondant au score nutritionnel des produits en question.

 

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L’eurodéputée Michèle Rivasi pendant l’opération étiquetage.

 

Dans un contexte de prévalence élevée du surpoids et de l’obésité en Europe, et de la progression alarmante des maladies chroniques liées à de mauvaises habitudes alimentaires (diabète, certains cancers, maladies cardiovasculaires…), il est essentiel d’aider les consommateurs à savoir si les produits qu’ils achètent sont équilibrés. Les tableaux nutritionnels actuels, apposés en face arrière des paquets, sont incompréhensibles pour la plupart des gens. D’où l’idée de l’équipe de l’EREN (associant l’Inserm, l’Inra, la Cnam et l’Université Paris 13), dirigée par le professeur Serge Hercberg, de mettre au point un logo compréhensible en un coup d’œil, basé sur l’affichage simultané d’une lettre (de A, la meilleure, à E, la moins bonne) et d’une couleur (du vert au rouge) : le Nutri-Score.

En France, différentes études de terrain montrent l’intérêt du dispositif pour infléchir la qualité des menus, et une forte adhésion des consommateurs à ce logo. « Si le Nutri-Score était apposé sur l’ensemble des produits, 7 500 décès par maladie chronique pourraient être évités en France », a souligné Serge Hercberg lors d’une conférence de presse qui a suivi l’opération « étiquetage » au Parlement européen.

Reste à convaincre l’ensemble des industriels de l’agroalimentaire. Si, en France, plus de 200 d’entre eux se sont déjà engagés dans la démarche, à l’instar de Fleury-Michon, Bonduelle, Danone et depuis peu Nestlé, quelques poids lourds du secteur résistent encore (Coca-Cola, PepsiCo, Mondelēz, Unilever, Kellogg’s, Mars ou encore Ferrero). Pas très étonnant, vu la qualité nutritionnelle médiocre d’une partie de leurs gammes !

 

(1) La France est à plus de 53 000 signatures, soit 97 % de son objectif national.

Elsa Casalegno

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