Numéros spéciaux

La réforme aura bien lieu

Publié le : 13/05/2009 

On l'attendait depuis longtemps. La réforme des numéros spéciaux que vient de lancer l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) débutera dans les semaines qui viennent et s'étalera jusqu'à 2010. Au programme : baisses des prix, transparence et déontologie.

 

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« Opacité des tarifs », « manque de loyauté », « coûts prohibitifs », système « sclérosé » générant « une insatisfaction et une méfiance croissantes »... Dans l'analyse qu'elle vient de dévoiler, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) n'y va pas avec le dos de la cuillère sur le marché des numéros spéciaux, ces numéros à 10 chiffres (commençant par 08) ou à 4 chiffres (commençant par 1 ou 3) servant à accéder à des services divers et variés (météo, horoscope, informations, assistance...). Le gendarme des télécoms reconnaît que ce système, créé à l'époque du monopole de France Télécom, n'est plus adapté à la situation actuelle. Avec la multiplication des opérateurs fixes et mobiles et l'apparition des box Internet, ces modems nouvelle génération permettant de téléphoner sans surcoût vers la France et de nombreux pays étrangers, la donne a changé.

Numéro Azur

L'Arcep entend dans un premier temps faire baisser le prix des numéros Azur. Le tarif des numéros en 081, censés être facturés au tarif local, n'a pas bougé depuis des années alors que le prix des communications a diminué, si bien que les numéros Azur permettent aux éditeurs de gagner un peu d'argent, ce qui n'était pas le cas au départ. L'Arcep entend par ailleurs contraindre les opérateurs de téléphonie mobile à décompter des forfaits le montant des communications (actuellement, celui-ci est facturé hors forfait par certains opérateurs).

L'Arcep souhaite également renforcer l'information des utilisateurs, notamment en obligeant les éditeurs à annoncer le prix du service au début de chaque appel et en mettant en place une nouvelle signalétique destinée à mieux repérer les numéros surtaxés de ceux qui ne le sont pas. Dans un souci de transparence, la facturation des appels passés depuis les téléphones fixes devrait aussi, à terme, séparer le coût de la communication de celui du service.

Enfin, l'Arcep entend mieux contrôler les activités des sociétés qui éditent les services accessibles par des numéros surtaxés. Une instance composée de représentants de l'Autorité, des consommateurs et des professionnels concernés serait créée afin de déterminer les services ayant une légitimité à être surtaxés et de contrôler l'activité des éditeurs. Les numéros spéciaux nouvelle version devraient voir le jour d'ici à la fin 2010.