Ophtalmologie

L’Avastin efficace, moins cher, mais interdit

Publié le : 15/05/2013 

Plusieurs études prouvent que l’Avastin a une efficacité similaire au Lucentis pour soigner la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), pour un coût bien inférieur. Mais pour des raisons administratives, les médecins ne peuvent prescrire ce médicament.

 

Avastin

Une nouvelle étude le confirme : l’Avastin (bevacizumab), officiellement utilisé dans le traitement de différents cancers, possède également une action significative dans la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie qui entraîne chez les plus de 80 ans une forte baisse de la vision. En tout cas, son efficacité est équivalente au produit de référence, le Lucentis (ranibizumab). Coup de chance, il est aussi 20 fois moins cher : une injection de Lucentis coûte 800 €, une dose d’Avastin ne dépasse pas les 40 €.

Avastin
Mais ce qui devrait être une occasion de réaliser de substantielles économies est en réalité un casse-tête administratif. Car l’Avastin n’a pas d’autorisation de mise sur le marché dans la DMLA. De ce fait, il n’est pas conditionné pour faciliter une injection dans les yeux. Il faut pour cela une manipulation en environnement stérile à l’hôpital. C’est pourquoi, invoquant des raisons de sécurité, le ministère de la Santé a interdit son usage dans la DMLA. Au grand dam des médecins hospitaliers, qui avaient développé la pratique. Les autorités estiment que c’est à Roche, le laboratoire qui commercialise l’Avastin, de faire le premier pas et d’entamer les démarches pour obtenir l’autorisation. Mais ce dernier n’a aucun intérêt à s’engager sur ce terrain : par le truchement d’une entreprise lui appartenant, qui a développé à la fois l’Avastin et le Lucentis, elle est aussi intéressée aux ventes du Lucentis !

Le débat est donc dans l’impasse. Pour l’heure, les médecins s’en tiennent aux directives officielles et prescrivent le Lucentis, en dépit du bon sens. Ils soulignent que la préparation de l’Avastin en milieu stérile est possible dans bon nombre d’hôpitaux. 

Anne-Sophie Stamane

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